Diégèse dimanche 27 mars 2022
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam

ce travail est commencé depuis 8122 jours (2 x 31 x 131 jours)
et son auteur est en vie depuis 22575 jours (3 x 52 x 7 x 43 jours)
2022

ce qui représente 35,9779% de la vie de l'auteur
trois mille deux cent vingt-cinq semaines de vie

hier

L'atelier du texte demain

table des correspondances


dans 752 jours (24 x 47 jours), ce sera le mercredi 17 avril 2024
et l'auteur sera peut-être en vie depuis 23327 jours (nombre premier)






Il est toujours curieux et un peu dérangeant de constater combien on peut s'attacher à un lieu que l'on n'occupe pourtant que depuis quelques jours et pour quelques jours. La généralisation de la location d'appartements meublés par l'internet a encore accentué cette expérience étrange. C'est déjà la matin du départ et l'on ne se savait pas si attaché à ce bout de trottoir, à cette lueur entre les arbres, au lever du soleil derrière cet immeuble qui aura longtemps masqué l'aube. On retourne dans la salle de bain pour sourire une dernière fois aux inscriptions sur les gobelets du lavabo, faute de goût que l'on pardonne aisément et faute de goût sans doute commise par une volonté d'ironie. On se dit soudain que l'on reviendra une autre fois, mais, cette autre fois ne vient parfois jamais et la ville, labyrinthe de géométries, d'angles, de lignes de fuite, devra se contenter de demeurer dans des souvenirs effaçables et changeants. On attend au bas de l'immeuble le taxi pendant que le café d'en face installe la terrasse. On aurait aimé s'y asseoir une dernière fois, puis on médite par devers soi sur l'importance de faire ce qu'il faut faire à temps et aussi que la vie et le temps qui passe ne vont jamais l'un sans l'autre.

Dans la voiture qui conduit à l'aéroport, c'est le temps de l'examen, examen de conscience, examen de mémoire, examen de souvenir, examen du souvenir, de la mémoire, de la conscience, de l'amour, peut-être. Comme il se doit, la radio de la voiture tonitrue les nouvelles du jour et l'on constate encore une fois que rien ne peut changer le flot des approximations journalistiques calées dans un système de pensée qui ne comprend que la norme journalistique et publicitaire. Il en faudrait peu, pourtant, pour que la parole renaisse loin de toute ingérence des médias. On s'approche de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Un peu plus loin, vers l'ouest, se trouve Mareil-en-France et ce champ en pente où nous nous étions arrêtés pour attendre, pressés, l'éclipse du soleil d'août 1999. J'ai toujours pensé que c'est là que j'ai perdu l'éternité. pour entrer dans le temps des images.

Au guichet des contrôles des identités, j'ai envie de m'amuser à donner mon prénom arabe. Je n'en fais rien pour ne pas retarder les choses et j'embarque immédiatement. Ce n'est qu'installé dans l'avion que je trouve un peu de calme. Le voyage ne durera pas bien longtemps mais j'ai cette volonté pourtant d'écrire, puisque je n'ai pas pu le faire ce matin avant de partir. Je ressens un peu de cette angoisse qui ressemble à l'angoisse du manque de mots, qui ressemble à l'angoisse du manque. Je sais pourquoi. J'en suis au stade de la consolidation du texte  et il aura fallu pour cela que j'efface beaucoup de ces mots que j'avais écrits sans même y penser, sans même y penser vraiment. Je trouvais la structure de l'ensemble trop complexe. Et pourtant, en théorie, de la théorie, rien ne vient limiter le nombre de mises en abyme diégétiques possibles.






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