Diégèse Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
lundi 2 janvier 2023




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lundi 2 janvier 1961, il y a 62 ans
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Forces nouvelles : il n'y a d'autre issue que le oui
Par ÉTIENNE BORNE
Ce que je retiens, ce que cela m'évoque
Il convient tout d'abord de rappeler que ce qui agite la vie politique française en ce début d'année 1961, et la France plus largement, c'est le référendum sur l'autodétermination de l'Algérie. La question posée était : « Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple français par le président de la République et concernant l'autodétermination des populations algériennes et l'organisation des pouvoirs publics en Algérie avant l'autodétermination ? » Il s'agit donc de deux questions en une, ce que ne manqueront pas de dénoncer les partisans du non. Contrairement au référendum du 1er juillet 1962 relatif, cette fois, à l'indépendance de l'Algérie dans le cadre des Accords d'Évian, où seuls les électeurs algériens voteront, c'est tout le corps électoral qui est appelé à se prononcer le 8 janvier 1961.
Par ce référendum, que certains, dont le philosophe Gabriel Marcel, dans le même numéro du journal Le Monde, pointeront comme étant un plébiscite en faveur du général De Gaulle, ce dernier entend se donner du temps pour trouver la voie de l'indépendance, sachant que, désormais, les partisans de l'Algérie française sont ses ennemis politiques et ses ennemis militaires.
Le Monde du 2 janvier 1961 ouvre ainsi ses colonnes à des responsables politiques et à des personnalités, parfois en reprenant un article ou une tribune d'un autre support. C'est le cas pour ce billet d'Étienne Borne, qui n'a pas de lien de parenté avec Élisabeth Borne, qui est un philosophe personnaliste, proche d'Emmanuel Mounier, membre important du Mouvement républicain populaire (MRP), parti qui a été un des piliers de la quatrième République et qui fusionnera cinq ans plus tard avec le Centre démocrate de Jean Lecanuet.
Borne justifie l'appel à voter oui au référendum de De Gaulle par un raisonnement dans lequel il cite Pascal, mais que l'on pourrait tout aussi bien rendre à Aristote : entre deux maux, il faut choisir le moindre.
Sa position peut se résumer ainsi : il ne faut pas s'abstenir parce que l'heure est grave « L'abstention est une attitude et non pas une action » ; le non précipiterait la France dans un affrontement désastreux entre les fascistes et les communistes. Il faut donc voter oui.

Le 8 janvier 1961, les électeurs se prononceront à 74,9% pour le oui, plébiscitant ainsi la voie dessinée pour l'Algérie par De Gaulle et qui aboutira à l'indépendance en 1962, non sans nombre d'événements tragiques.

Si l'on retient ce billet aujourd'hui, c'est d'abord pour son élégance stylistique, mais, on le retient surtout pour exhumer du passé Étienne Borne, qui est un membre historique du Mouvement national contre le racisme, qui sauvera des familles juives menacées de déportation pendant l'occupation nazie. Ce MNCR, créé en 1942, est à l'origine de la création en 1949 du MRAP. Borne est l'un des rédacteurs, en 1943, d'une brochure publiée à l'initiative de Vladimir Jankélévitch intitulée Le Mensonge raciste et diffusée sous le manteau à plusieurs milliers d'exemplaires.










2 janvier







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