Diégèse Les narratrices et les narrateurs
Journal de Fabienne en 2005 - 33 jours -
Fabienne vit et travaille à Argenteuil dans le Val-d'Oise.




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dimanche 21 janvier 2024 vendredi 21 janvier 2005 Je lis dans Le Monde daté d'aujourd'hui qu'il y aurait un espoir de traitement aux anticorps contre la maladie d'Alzheimer. Mais, pour l'instant, les expériences effectuées ne l'ont été que sur les souris. J'imagine bien que l'on est loin d'aboutir à un traitement largement diffusé. Pourtant, ce jour viendra. Je rêve parfois d'une découverte équivalente à celle des antibiotiques ou de la vaccination qui ont permis que des maladies auparavant rapidement mortelles soient soignées avec succès, et ce, à une grande échelle.

J'ai vu le médecin hier avec le résultat de la batterie de tests cognitifs. Il m'a prescrit une IRM en me conseillant de prendre rendez-vous dans le privé. Dans le public, les délais d'attente sont encore trop longs. Je lui ai répondu que je n'en avais pas les moyens. J'ai pris rendez-vous, mais ce ne sera pas avant mai. Et encore, c'est parce que je suis considérée comme prioritaire, comme je suis à 100%.

De ma fenêtre je peux voir que les travaux de la mosquée avancent. Nous l'appelons « la Mosquée Renault ». Il y en a dans l'immeuble qui regrettent le temps où c'était une concession Renault. Je ne vois pas bien ce qu'il y a à regretter. Cela fait plus de cinquante ans que j'habite ici. Quand j'avais une voiture, j'avais une Renault. J'en ai eu plusieurs. Je ne crois pas que je pourrais encore conduire, même pour aller à Cormeilles. Et pourtant, ce n'est pas très loin.




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jeudi 8 février 2024 mardi 8 février 2005 Je me suis réveillée en pensant à « La Source ». Je ne sais pas si elle existe toujours. Quand j'étais petite, avec mes parents, comme le faisait je pense ma grand-mère, nous mettions dans une petite charrette à bras les « dames-jeannes », ces grandes jarres en verre entourées d'une sorte de filet de marin et nous montions sur les coteaux d'Argenteuil. Cela me semblait un long voyage dont la récompense était, quand il faisait beau, d'apercevoir au loin la Tour Eiffel, d'apercevoir Paris. Je me souviens que l'une des dernières fois où je suis allée par là-bas, on voyait aussi très bien les tours de La Défense et la préfecture des Hauts-de-Seine. Je ne me rappelle plus si l'on voyait encore la Tour Eiffel. C'est curieux comme ces souvenirs sont vivaces et précis quand au quotidien, je me souviens de si peu de choses maintenant.




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jeudi 22 février 2024 mardi 22 février 2005 Je vais essayer de prendre l'autobus pour aller à la basilique. Cela me rappellera peut-être mon enfance. Quand j'étais petite, nous habitions rue des Ouches, derrière la basilique, dans un immeuble qui a été détruit. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons été relogés à la ZUP, comme on disait alors. Nous en étions très satisfaits. Nous avions trouvé l'appartement très clair. Il y avait une salle de bain et des toilettes séparées, ce que nous n'avions pas rue des Ouches.

Quand je pense que le mot « ouche » signifie « jardin entouré d'une haie » et qu'il fut ainsi un temps où cette rue était une rue bordée de jardins, je me prends à rêver. Mais ce temps est encore plus ancien que je suis ancienne moi-même. Dans le prolongement de la rue des Ouches, il y a la rue de Paradis. On pense que c'est la rue du paradis, mais pas du tout ! Il s'agit aussi de jardins ou d'enclos.

Toute cette plaine argenteuillaise, assez loin de la Seine pour ne pas être toujours inondée, mais assez proche pour en être humidifiée, était une plaine de jardins et d'enclos, une plaine maraichère où les terres des institutions religieuses pouvaient occuper des hectares. Ce n'est pas un hasard si Héloïse et Abélard y connurent amours et déboires.




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mercredi 28 février 2024 lundi 28 février 2005 J'ai fait ma demande de logement mais je ne suis pas certaine que ça va marcher. À vrai dire, je ne suis pas certaine d'avoir fait ma demande de changement de logement. L'idée m'est venue je crois après ma promenade dans le centre. Je me suis dit que plutôt que de continuer à habiter la Zup, je pourrais retourner dans le quartier de mon enfance. Après tout, je suis la plus âgée de l'immeuble et je ne connais plus personne. La dame d'en-dessous vient parfois m'aider à faire quelque chose que je ne peux plus faire, surtout quand je dois me baisser. Elle m'a bien dit que je pouvais l'appeler n'importe quand. Mais je n'aime pas beaucoup faire appel aux gens. C'est comme ça que l'on m'a appris à vivre et c'est comme ça que j'ai vécu.

Mon médecin voudrait que j'aille dans ce qu'il a appelé une résidence de service. Je lui ai demandé si c'était le nouveau terme pour « hospice ». Il m'a assuré qu'il n'en était rien et qu'il s'agissait de résidences, avec des appartements privatifs dans lesquels on pouvait apporter ses meubles, mais qu'il y avait des services de ménage, de soins médicaux et la possibilité de prendre ses repas sans les préparer. Mais, je ne crois pas avoir les moyens de me payer ce luxe et puis je ne crois pas qu'il y en ait à Argenteuil. Je vérifierai.




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dimanche 10 mars 2024
jeudi 10 mars 2005
On dirait bien que j'ai fait une rechute... Je me suis retrouvée au commissariat de police, à moins que ce ne soit à la gendarmerie. Je ne sais pas. Tout le monde a été très gentil avec moi, mais on m'a dit qu'il fallait attendre que l'on vienne me chercher. Je ne comprenais pas du tout pourquoi ni ce qui était arrivé. Je me souvenais être sortie de chez moi. Je me demandais si j'avais fermé la porte à clé. J'ai cherché mes clés. Elles étaient dans mon sac. Tout allait bien. Il y avait d'autres personnes comme moi qui attendaient. Mais j'étais de loin la plus âgée. Une jeune femme de la police, à moins que ce ne soit de la gendarmerie, est venue me voir gentiment pour s'excuser de ne pas pouvoir me faire attendre dans de meilleures conditions. Je lui ai demandé s'il m'était arrivé quelque chose, si j'avais eu un accident, si j'avais été agressée. Elle m'a dit que le médecin me raconterait tout ça.

Au bout d'un temps qui m'a paru très long, on est venu me chercher et un infirmier m'a emmenée à l'hôpital d'Argenteuil. Je connais très bien cet hôpital, assez bien pour voir que l'on me conduisait aux urgences psychiatriques. J'ai enfin été reçue par une femme médecin, très jeune qui m'a expliqué que j'avais été arrêtée parce que je volais des bonbons dans le grand magasin de l'avenue Gabriel Péri. J'ai demandé si c'était au Parunis, mais elle m'a répondu ne pas connaître la ville. L'infirmier, un très beau garçon, m'a répondu que le magasin ne s'appelait plus comme ça depuis longtemps. La jeune femme m'a répondu que c'était dans une boulangerie. Alors, je suis partie d'un rire que je ne réussissais pas à arrêter. Quand même ! À mon âge ! Voler des bonbons ! Comme quand j'étais écolière...




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vendredi 22 mars 2024 mardi 22 mars 2005 Je suis très contente. Je vais entrer en EHPAD. Cela pourrait paraître paradoxal d'être contente d'aller en EHPAD, mais c'est quand même mieux que d'aller en prison. Je ne vais pas aller dans un établissement médicalisé. L'assistante sociale et les médecins n'ont pas jugé cela nécessaire et moi non plus d'ailleurs. Je suis parfaitement autonome pour tous les aspects de la vie courante. Ce n'est pas parce que j'ai volé une fois des bonbons dans une boulangerie que je suis folle. C'est peut-être même le contraire. Je suis certaine que cet épisode a accéléré ma demande de déménagement.

Je suis heureuse parce que je vais descendre du plateau pour retourner plus près de la Seine et, exactement, plus près d'un lieu qui a été très important pour moi dans ma jeunesse : la Cité du Perreux, qui est une sorte de cité-jardin sans jardin. Je vais habiter juste en face, dans la résidence Jean Baillet, qui est gérée par la Centre communal d'action sociale de la Ville d'Argenteuil, le C.C.A.S. C'est vraiment ce qu'il me fallait. C'est calme, sécurisant et je peux être aidée ponctuellement si j'en ai besoin. Bien sûr c'est plus petit que mon appartement dans la ZUP, mais je m'en moque. Il y a un bus direct vers l'Hôtel de Ville. C'est très pratique. Je préviendrai les commerçants de la cité pour qu'ils vérifient bien à chacun de mes passages que je n'ai rien volé. J'ai demandé au médecin une attestation comme quoi j'étais atteinte de kleptomanie compulsive et régressive. Je ne sais pas si cela me sera utile mais je verrai bien. Peut-être aussi que cela ne m'arrivera plus.




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dimanche 24 mars 2024 jeudi 24 mars 2005 J'ai commencé à ranger mes affaires. Je déménage à la fin du mois. Je vais jeter un maximum de choses et surtout les souvenirs. Cela peut sembler paradoxal alors que je perds la mémoire, je jette ce qui pourrait la fixer un peu. Eh bien non, ce que l'on appelle des souvenirs communément ne sert vraiment plus qu'à prendre la poussière quand on perd la mémoire.

J'en ai fait l'expérience avec un album de photographies. Sur les photographies les plus anciennes, je pouvais identifier parfaitement qui était qui et ce jusqu'à des cousins issus de germains que je n'avais pourtant pas beaucoup vus. En revanche, impossible de me rappeler qui est à côté de moi sur des photographies qui n'ont à peine qu'une dizaine d'années. Et, je n'ai personne qui pourrait m'aider à retrouver le nom de ces gens. D'ailleurs, ça m'est bien égal. Étaient-ils de la famille ou bien de vagues connaissance  ? Sont-ils toujours en vie ? J'ai fini par douter du fait que cet album m'appartienne vraiment et qu'il n'ait pas été laissé là par de précédents locataires ; ce qui est évidemment incongru, puisqu'il n'y a pas eu de précédents locataires dans cet appartement. J'en ai été la première. Enfin, je crois.

L'album a vite fini à la poubelle avec quelques bibelots. Sur certains d'entre eux, comme par bravade, il était écrit : « souvenir ». C'est bien la preuve que ça ne sert à rien les « souvenir ».




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samedi 30 mars 2024 mercredi 30 mars 2005 Je déménage demain et c'est parfait. Je suis très contente. Je vais aller faire un dernier tour sur la dalle car je ne suis pas certaine d'y revenir un jour. Elle a d'ailleurs beaucoup rétréci avec le temps. C'est presqu'un souvenir de dalle désormais. Tous ces urbanistes m'amusent ou pourraient m'amuser. Le problème, ce n'était évidemment pas la dalle mais le chômage et le manque d'entretien. Pour le reste, cela pouvait être très agréable. Au moins, on n'entendait pas les voitures. Si les immeubles n'avaient pas eu des cloisons fines comme du papier à cigarette, on aurait même été confortable. Peu importe désormais.

Je n'ai plus grand chose à déménager avec tout ce que j'ai donné ou jeté. J'ai gardé une photographie de moi jeune encadrée. Le cadre est moche, mais je me trouve jolie sur cette photo. Quand je pense à moi, je peux tout aussi bien penser à moi maintenant, avec ma voussure et mes varices ou à cette jeune femme qui me semble alerte et joyeuse. Bien sûr, ce n'est qu'une photo et même jeune, parfois, j'étais fatiguée, j'avais le teint terne et un bouton sur le nez.

Il faudrait arrêter de se figurer soi-même et admettre que sa propre apparence demeure à jamais dissimulée.




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jeudi 11 avril 2024 lundi 11 avril 2005
Je crois bien que ça fait dix jours que je suis ici et c'est plus difficile que je ne le croyais. Retourner plus près des lieux de son enfance et de son adolescence, c'est une jolie idée mais ce n'est qu'une idée. Très vite, ce qui prévaut, ce ne sont pas les souvenirs d'enfance, ce ne sont pas les souvenirs d'adolescence, ce ne sont pas les premières amours mais plutôt que l'on a tellement mal en montant dans le bus qu'on n'ira pas si souvent jusqu'au bord de Seine.

Et puis, bien sûr, il y a autre chose...

Là où je suis il n'y a que des vieilles et des vieux et d'ailleurs surtout des vieilles. Et ils sont tous blancs. Je ne sais pas ce que l'on fait des vieilles et des vieux arabes et africains, mais on ne les trouve pas en maison de retraite. Allez savoir pourquoi. Et encore, on est à Argenteuil. Alors, j'imagine ailleurs.

Il faudrait leur dire ça, au salopards d'extrême droite, à ce gros Le Pen et à sa progéniture.




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samedi 11 mai 2024 mercredi 11 mai 2005
Il a fallu que je passe quelques jours à l'hôpital. J'ai toujours été allergique un peu à tout. Il paraît que pour certains, ça se calme avec l'âge. Eh bien moi, pas du tout. J'ai commencé à éternuer, puis des plaques rouges sont apparues sur les bras et les jambes et ensuite l'asthme a pris le dessus. La direction a préféré me faire hospitaliser plutôt que de craindre que mon état empire ici. Bien sûr, à l'hôpital, on leur a signalé que j'aimais bien fuguer et que j'avais une tendance à la kleptomanie. C'est malin. J'ai donc été enfermée soigneusement, comme si je pouvais bouger alors que j'étais sous perfusion et sous oxygène. Je suis sortie hier. Mes jambes et mes bras me grattent encore un peu mais ça n'a rien à voir avec ce que c'était avant mon séjour à l'hôpital.

Bon, c'est vrai que Céline, la soignante, me dit que je ne suis jamais allée à l'hôpital. Mais, elle n'y connaît rien.




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vendredi 17 mai 2024 mardi 17 mai 2005 Peu à peu, je sors du brouillard. J'ai fini par admettre que Céline disait la vérité et que je n'étais en fait pas allée à l'hôpital. Et j'ai par là compris quelque chose d'important. Parfois, on ne comprend pas quelque chose, parce que l'on n'admet pas quelque chose. Quand on devient vieux ou même très vieux, ou très vieille, on n'admet pas que l'on est devenu ainsi. Dans le cas de ma supposée hospitalisation, je n'admettais pas qu'il y ait des chambres médicalisées dans la résidence sénior où je vis. Céline m'a expliqué que l'on y mettait les résidents qui avaient besoin de soins simples et ceux qui avaient besoin d'être sédatés. Le mot est étrange. En fait, si l'on y réfléchit, c'est l'humanité entière qui aurait bien besoin d'être sédatée. Il suffit de regarder la télévision. On ne voit que de la violence. Ceux qui devraient essayer de canaliser cette violence font tout le contraire. Ils l'attisent.

J'ai demandé à Céline si j'avais été sédatée et elle m'a répondu que l'on m'avait donné un antihistaminique qui joue aussi le rôle de calmant. Elle n'a pas voulu me donner le nom, mais je crois le connaître.

Bon, ça ne me gratte plus. J'ai retrouvé mes esprits. C'est le printemps. Je vais pouvoir ressortir... avec ou sans autorisation.




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mardi 21 mai 2024 samedi 21 mai 2005 Il paraît que je ne peux pas encore sortir toute seule. C'est la meilleure ! Il paraîtrait que je suis encore parfois désorientée et que je pourrais me perdre sans m'en apercevoir. C'est idiot. On ne peut pas se perdre sans s'en apercevoir puisque pour s'être perdu, il faut justement s'en être aperçu. Tant que l'on ne s'en est pas aperçu, on n'est pas perdu. Il y a aussi une autre façon de ne jamais se perdre, c'est de n'aller nulle part, soit en restant toujours au même endroit, soit en allant à l'aventure sans destination précise. Le problème de savoir si l'on est perdu se pose alors quand on doit rentrer. Si l'on ne décide jamais de rentrer on n'est évidemment jamais perdu. En fait, le fait de se perdre, l'idée même de se perdre a été inventée par des casaniers. Plus on est casanier, plus on se perd. Les nomades ne se perdent jamais. Ils ont une carte en tête et la suivent précisément.

Mais, il faut que je trouve quelqu'un pour m'accompagner. Je vais demander si je serais autorisée à sortir si je suis accompagné par une résidente ou un résident. J'en vois qui sortent tous les jours, c'est donc que l'on n'a pas peur qu'ils se perdent, eux. Le problème est que l'on va me demander où je veux aller. Je dirai que je veux aller à la basilique. Ça fait toujours son petit effet quand on réclame des choses religieuses.




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lundi 27 mai 2024 vendredi 27 mai 2005 Je vais bientôt avoir l'autorisation de sortir. C'est une soignante qui me l'a dit. Elle l'aurait entendu de sa cheffe, qui l'aurait appris du médecin qui me suit. Autant dire que ce n'est pas certain.

En attendant, je tourne en rond. Je suis sorti deux fois. Une fois, j'ai pu aller jusqu'à la basilique. Et une autre fois dans le jardin des Impressionnistes, juste à côté. Je ne crois pas que ce jardin existait quand j'étais enfant. Ou bien alors, il n'était pas ouvert au public, réservé aux congrégations religieuses.

Je tourne en rond.

Comment faire pour aller à Paris. Si je demande à aller au Sacré-Cœur ou à Notre-Dame, je pourrais peut-être avoir gain de cause. Mais là, il faudrait que je trouve quelqu'un qui m'emmène en voiture et je ne vois pas bien qui. Sauf si je m'en remets à la Providence. Elle fait parfois bien les choses. Je vais demander à Sainte Rita, patronne des causes désespérées, d'intercéder pour moi.
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dimanche 2 juin 2024 jeudi 2 juin 2005

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dimanche 16 juin 2024 jeudi 16 juin 2005
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jeudi 20 juin 2024 lundi 20 juin 2005

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samedi 22 juin 2024 mercredi 22 juin 2005
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mardi 16 juillet 2024 samedi 16 juillet 2005

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samedi 20 juillet 2024 mercredi 20 juillet 2005
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vendredi 26 juillet 2024 mardi 26 juillet 2005
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jeudi premier août 2024 lundi premier août 2005

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mardi 27 août 2024 samedi 27 août 2005
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vendredi 6 septembre 2024 mardi 6 septembre 2005

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mardi 24 septembre 2024 samedi 24 septembre 2005
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lundi 30 septembre 2024 vendredi 30 septembre 2005
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mardi 8 octobre 2024 samedi 8 octobre 2005

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lundi 14 octobre 2024 vendredi 14 octobre 2005
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dimanche 20 octobre 2024 jeudi 20 octobre 2005
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mardi 19 novembre 2024 samedi 19 novembre 2005

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samedi 23 novembre 2024 mercredi 23 novembre 2005
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jeudi 5 décembre 2024 lundi 5 décembre 2005

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mardi 17 décembre 2024 samedi 17 décembre 2005
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jeudi 19 décembre 2024 lundi 19 décembre 2005