Diégèse Les narratrices et les narrateurs
Journal de Gustav en 2006 - 36 jours -
Gustav vit et travaille à Marseille dans les Bouches-du-Rhône.




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jeudi 4 janvier 2024 mercredi 4 janvier 2006 J'apprends que Chirac a levé l'état d'urgence. Il était temps. L'urgence n'est pas à maintenir fermés les quartiers et à stigmatiser encore davantage leurs habitants. L'urgence est de tenir des promesses de campagne qui ont déjà quatre ans, qui constataient une fracture sociale, qui est cependant restée béante.

Ici à Marseille, comme dans beaucoup de villes, mais plus encore que dans beaucoup d'autres villes, la fracture sociale est aussi une fracture géographique. J'ai traversé le centre-ville hier pour aller de la gare Saint-Charles au vieux-port et tout est dans un tel état de délabrement que j'avais hâte d'arriver. J'emménage ce weekend à Endoume dans un appartement avec terrasse qui donne sur la mer. Des amis marseillais me le prêtent quelques mois et au moins jusqu'à la fin de l'année. J'y serai bien je crois pour terminer le travail engagé. Pour l'instant, il est au point mort. Mais ce n'est pas la première fois que cela m'arrive. C'est la première fois que cela dure aussi longtemps.




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samedi 6 janvier 2024
vendredi 6 janvier 2006 Demain, ce sera mon premier weekend ici et je crois que je vais aller marcher dans les calanques si le temps est favorable. Je descendrai à Castellane à pied et je prendrai le bus 21 jusqu'à son terminus. Je pensais en arrivant que je pourrais faire du vélo, mais je dois me rendre à l'évidence que, plus encore qu'à Paris, ce serait dangereux et inadapté. Et puis, peut-être ne suis-je pas encore assez en forme pour remonter jusqu'à Endoume. On verra au printemps.

Je n'ai pas commencé à travailler vraiment, c'est-à-dire à rédiger. J'ai repris mes notes. J'ai essayé de réfléchir à quelques points particuliers, mais assez vite, je pense à autre chose et surtout à rien. C'est un peu comme si j'avais mis un disjoncteur dans mon cerveau et pris un abonnement électrique trop faible. Dès que je pousse un peu la réflexion, mes idées s'embrouillent. C'est assez dérangeant cette impression de confusion qui ne me laisse pas, même quand j'ai des activités qui n'engagent pas la réflexion. Mais, je sais bien qu'il n'y a pas d'activité qui n'engage pas la réflexion, même quand il s'agit de marcher dans les calanques.




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vendredi 12 janvier 2024 jeudi 12 janvier 2006 Ce serait faux d'écrire que je m'habitue à Marseille, car je crains bien que l'on ne s'habitue jamais à cette ville. Même les Marseillais de longue date sont parfois surpris et même exaspérés par cette ville qu'ils aiment pourtant viscéralement.

Le travail avance doucement. La promenade dans les calanques le weekend dernier m'a fait du bien. Je recommencerai le weekend prochain, sauf si je choisis une autre destination : peut-être les Goudes à moins que plus banalement, je ne me contente d'aller une nouvelle fois à Notre-Dame-de-la-Garde. Je pourrai toujours mettre un cierge pour gagner un peu d'inspiration.

Je bloque toujours sur la même chose. Les deux personnages se sont rencontrés. Ils se plaisent. Ils sont attirés l'un par l'autre. Rien ne fait obstacle à leurs sentiments naissants et à leur attraction mutuelle. Mais, je suis incapable de les faire s'embrasser, d'écrire leur premier baiser. Bien sûr, il est encore plus impensable qu'ils couchent ensemble. Je vais finir par les conduire rapidement à la dispute fatale pour éviter l'obstacle. Mais, ce n'est pas ce qu'il y a dans la commande. Il est bien écrit que les personnages deviennent amants. Je ne sais pas si Notre-Dame-de-la-Garde est la mieux placée pour m'aider là-dessus. Je devrais plutôt prier la patronne des causes désespérées : Sainte Rita.




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mardi 16 janvier 2024 lundi 16 janvier 2006 Je vais passer une semaine à la Cité radieuse du Corbusier. Il y a longtemps que je voulais le faire et j'ai enfin trouvé une connaissance d'une connaissance qui accepte de me prêter un petit appartement. J'ai déjà dormi à l'hôtel, il y a quelques années. J'ai visité bien sûr l'appartement-témoin et le toit-terrasse. Mais, c'est la première fois que je vais pouvoir jouer à habiter vraiment cet immeuble mythique. Malheureusement, l'appartement donne sur le boulevard Michelet et pas vers la mer, que l'on n'aperçoit d'ailleurs que dans les étages supérieurs. Cela n'a pas grande importance.

Certes, la Cité radieuse a des allures de paquebot, mais aussi de forteresse plantée sur des fortifications de béton. On peut aligner les métaphores. Je pense que c'est aussi l'architecture d'un hôpital et même d'une prison. Je ne sais pas si Michel Foucault, notamment dans Surveiller et punir, a écrit sur l'architecture de l'architecte emblématique. Il aurait pu. Qu'est-ce qui rapproche l'hôpital et la prison ? Non seulement les cellules alignées, mais aussi le fait que ce sont des architectures qui savent ce qui est bon pour vous, qui savent ce qu'il vous faut. Il faut aussi que je retrouve les enregistrements du cours de Roland Barthes intitulé Vivre ensemble. Car, il s'agit aussi de cela, tout aussi bien dans les grands ensembles, que dans les hôpitaux et les prisons.

J'espère que la situation ainsi créée va m'aider à écrire.




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dimanche 28 janvier 2024 samedi 28 janvier 2006 Je m'aperçois que je n'ai rien écrit ici depuis ma semaine à la Cité radieuse. D'ailleurs, je n'ai pas écrit grand-chose non plus pendant cette fameuse semaine et mon éditeur a refusé de prendre la charge des frais, arguant que je n'avais qu'à utiliser une partie de l'à-valoir qu'il m'a versé. J'aurais dû faire du cinéma... J'aurais affirmé que j'étais en repérage de décor pour telle ou telle scène et le tour était joué. Même pour le budget d'un feuilleton télévisé le coût d'une semaine au Corbusier ne représente rien ou presque rien.

J'ai demandé à une amie marseillaise si elle pouvait me conseiller un psy. C'est la première fois que je connais une telle panne dans l'écriture de ces petits romans que je signe d'un pseudonyme absurde que, par contrat, je n'ai pas le droit de révéler. Nous sommes quelques-unes et quelques-uns à faire ce travail pour cet éditeur germanopratin qui y a longtemps trouvé une manière sûre de faire des bénéfices faciles. Il faudra qu'il réussisse cependant sa reconversion numérique. Certes, il a la trésorerie nécessaire pour ce faire, mais tout est question de rythme et d'à-propos...

On m'a appelé tout à l'heure de Paris, pendant que j'écrivais ces lignes, pour me demander où j'en étais. J'ai reçu la consigne de me rapprocher du quartier du Panier. J'ai compris pourquoi je suis à Marseille... Il faut bénéficier du succès d'un feuilleton quotidien sur la troisième chaîne de la télévision publique française, dont les intrigues se déroulent à Marseille, tout particulièrement dans ce quartier du Panier.

Mais je ne vais pas déménager.




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jeudi 15 février 2024
mercredi 15 février 2006 J'ai enfin trouvé où habitent les personnages de la romance que je dois écrire et que je vais donc écrire. Le problème est cependant que je dois recommencer le récit depuis son début afin d'éviter des incohérences et planter un autre décor que celui un peu kitsch que j'avais esquissé, qui ressemblait à une « marseillade », si l'on veut bien me passer ce barbarisme.

Tout au sud de la ville, sur les collines qui jouxtent la Gineste et sa route qui va vers Cassis, il y a un grand ensemble dont on pourrait croire, quand on ne connaît pas Marseille, qu'il est une de ces cités des quartiers nord, gangrénées par le trafic. Il n'en est rien. Il s'agit de la plus grande copropriété d'Europe, la Rouvière.

La Rouvière domine tout Marseille. La plupart des bâtiments ont été livrés en 1966 et les plus hauts, dénommés comme s'il s'agissait d'une station de ski « Super Rouvière », en 1969. L'immense cité a été l'un des points de réimplantation des rapatriés d'Algérie.

Mais, ce qui m'intéresse, c'est que le soir, surtout l'hiver, elle se transforme au coucher du soleil en un gigantesque miroir incandescent. Plus je la vois, plus je suis certain qu'elle a abrité et qu'elle abrite encore d'indicibles amours.







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samedi 17 février 2024 vendredi 17 février 2006 Moi qui ne voulais pas déménager, j'ai changé d'avis et je déménage à la fin du mois. J'ai trouvé un petit appartement dans la tour A de la Rouvière. Il est petit mais il est au dix-neuvième étage et il a une belle vue. Par chance, c'est le même propriétaire qu'à Endoume et il a accepté de ne pas m'imposer de préavis. Je crois qu'il est un peu flatté de louer à un écrivain dont il a pu constater jusqu'à présent les bonnes manières. Il est vrai que j'ai un mode de vie assez solitaire et calme. Ce n'est pas moi qui vais déranger les voisins. Je n'ai pas d'amis ni d'animaux de compagnie.

Ce qui est bien, aussi, c'est que je serai près de Sugiton. En une bordée de bus jusqu'à Luminy, je suis dans les calanques et je sens que je ne vais pas me priver de promenades, surtout que j'ai remarqué que le texte avance mieux quand j'ai marché pendant la journée.

Peut-être vais-je décider que l'un ou l'autre, l'une ou l'autre de mes personnages étudiera à Luminy. Il pourrait même s'agir de deux étudiants. Ou pire, d'une étudiante et d'un professeur. Mais je ne sais pas si l'éditeur acceptera. C'est peut-être un peu osé pour la collection. Il ne s'agirait pas d'entretenir les fantasmes coupables des adolescentes.




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vendredi 23 février 2024 jeudi 23 février 2006 J'ai observé hier un manège auquel je trouve un potentiel narratif incroyable, voire même un potentiel romantique indéniable. J'étais à mon bureau, que j'ai placé sous une fenêtre qui donne sur les immeubles les plus hauts, nommés Super Rouvière. L'après-midi le soleil donne dans les fenêtres, obligeant parfois les résidents qui sont en face à baisser les stores pour éviter les reflets du soleil. Mais, levant la tête, gêné par un reflet insistant, j'ai aperçu un miroir qui laissait émettre des reflets intermittents. J'ai d'abord cru à un de ces miroirs de salle de bain que l'on peut accrocher à un fil et qui se serait balancé avec la brise, souvent assez forte dans ces hauteurs. Mais, j'ai dû rapidement me rendre à l'évidence. Il s'agissait bien d'un rythme et ce rythme revenait d'une manière que le vent ne savait pas produire. C'était un signe et ce qui marque le signe est l'intention. Je devais tout à la fois comprendre le signe et j'en comprendrai alors l'intention.

Après plusieurs observations, j'ai acquis la certitude qu'il s'agissait d'un signal en morse. Je savais depuis l'enfance, sans doute grâce à quelque lecture oubliée, que le morse se codait en points et tirets, le point marquant un signal court et le tiret un signal long. Dès lors, il m'a été possible de reproduire le signal que j'apercevais et qui de manière répétitive, émettait :

· - - - · - · - - - -  · - · · - - ·

Il ne m'a pas été trop difficile ensuite de trouver que ce signal ne signifiait rien d'autre que « je t'aime ».

À qui cela pouvait-il s'adresser et qui était l'émettrice ou l'émetteur de ce message amoureux et lumineux.




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mardi 27 février 2024 lundi 27 février 2006 Quatre jours que je passe à la fenêtre à guetter les échanges de signaux. Je devrais écrire : quatre jours et presque quatre nuits. En effet, mes amoureux pratiquent aussi le morse la nuit. C'est d'ailleurs beaucoup plus facile et il suffit d'une simple lampe de poche. Mais, c'est en fait moins discret et si les amours ainsi transportées s'avéraient clandestines, elles pourraient vite être découvertes. Il suffirait d'un mauvais coucheur et mauvais dormeur pour se plaindre à la copropriété de ces signaux nocturnes pour que tout cela prenne rapidement une ampleur inattendue.

D'ailleurs, à La Rouvière, on s'enorgueillit de l'ambiance villageoise et celle-ci va avec les ragots, les cabales, les haines et donc, les amours. Ragots, haines et cabales sont sans doute plus fournis que les messages d'amour envoyés en morse.

Je me demande si je ne vais pas finir par interférer et envoyer moi aussi un message qui pourrait être par exemple : attention.

Ce seul mot me demandera déjà un apprentissage intensif:

.- - - . -. - .. --- -.




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lundi 25 mars 2024 samedi 25 mars 2006 J'ai rendez-vous tout à l'heure avec un des deux émetteurs ou émettrices des messages en morse. Le rendez-vous ne se fera pas à La Rouvière. C'est déjà un signe de la clandestinité des échanges. Nous avons rendez-vous à Luminy, sur le campus universitaire, tout en haut, à la faculté des sciences du sport. Je ne sais pas avec qui j'ai rendez-vous et même pas s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Je suis impatient de savoir enfin de qui il s'agit et quel est le ressort de cette intrigue amoureuse.

Les choses se sont faites simplement. Après avoir émis plusieurs fois « attention » j'ai enfin reçu un
−− · ·−· −·−· ·· . Cela signifie « merci ». J'ai ensuite peu à peu varié les messages et demandé récemment un rendez-vous. La réponse est venue hier soir. J'ai un peu eu de mal à décrypter « Luminy - ·−·· ··− −− ·· −· −·−− ». Pourtant, il suffisait de suivre les lettres car l'alphabet morse fait correspondre un signe à chaque lettre. C'est pratique parce que l'on peut ainsi écrire tout aussi bien en anglais, en français ou en italien. Mais, il ne connaît pas les lettres accentuées. Monsieur Samuel Morse était américain. Il n'avait donc pas besoin de ces fioritures.




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samedi 6 avril 2024 jeudi 6 avril 2006
J'ai rencontré un des deux protagonistes des échanges en Morse et ce n'est pas du tout ce que j'imaginais. J'avais échafaudé une amourette entre deux adolescents ou post adolescents, peut-être du même genre ou de religions différentes, bref, avec un interdit familial fort pesant sur leurs idylles. Mais pas du tout !

Antoine a 82 ans. Il a été commandant de navires de pêche dans son plus jeune temps. Il est né en Algérie. Il est ce que l'on nomme encore parfois un « pied-noir ». Il est à la retraite depuis longtemps, à la suite d'un accident de bord, quelques années après le rapatriement. Quand il est arrivé à Marseille avec sa femme et ses enfants, ils ont d'abord vécu dans des habitations de fortune pas très loin du port et puis, dès que cela a été possible, avec les aides pour les rapatriés d'Algérie, ils ont pu acheter un appartement à la Rouvière et il n'a jamais quitté la cité depuis. Sa femme est morte en 2000 et ses enfants ne vivent pas à Marseille. Son garçon, comme il dit, est à Toulon, dans la marine nationale et sa fille à Nice où elle travaille dans un hôpital.

Il m'a dit qu'il connaissait le Morse de son passé de marin. Je ne sais encore rien de la ou du destinataire des messages nocturnes.




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vendredi 12 avril 2024 mercredi 12 avril 2006 Ce matin, des larmes dans les yeux, Antoine m'a avoué à qui ses messages sont destinés. Je n'avais nulle crainte de découvertes ou de représailles à avoir. C'est à sa femme morte il y a six ans qu'il les envoie et pour cela, il les confie à la Bonne-Mère.

Antoine m'a invité à venir voir son appartement tout en me demandant de ne pas faire attention au désordre. De désordre, il n'y en a aucun et l'appartement est aussi tenu qu'un carré d'officier sur un navire. L'appartement est assez haut pour que l'on voie tout Marseille et bien sûr l'un de ses signaux principaux, la statue de la Vierge Marie, la Bonne-Mère.

Antoine m'a dit qu'après la mort de sa femme, il avait eu beaucoup de mal à reprendre le dessus. Elle lui manquait trop. Alors, il est allé demander conseil un jour à la Bonne-Mère et là, il a très clairement entendu une voix qui lui disait : « Envoie-lui des messages de lumière et je les lui ferai parvenir. » Au début, il n'a pas compris ce dont il s'agissait. Il a pris le message dans un sens métaphorique. Et puis, il s'est souvenu du Morse et c'est ainsi qu'il a commencé à envoyer chaque soir ou presque des messages de lumière, en Morse, à l'attention de la Bonne-Mère, qui les transmet, bien sûr, à la chère défunte.




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mercredi 24 avril 2024 lundi 24 avril 2006 J'ai rencontré Antoine déjà trois fois. Je l'ai même invité à déjeuner à la pizzeria Les Tilleuls qui est juste à côté de La Rouvière et où de très nombreux habitants ont leurs habitudes. C'est un endroit très familial, toujours plein, où l'on mange bien sans attendre et ce, aussi bien pour le déjeuner que pour le dîner.

Je ne sais pas si je vais faire quelque chose de son récit de vie. Ce n'est pas vraiment le créneau de la collection à laquelle je collabore et qui vise plutôt un lectorat populaire et plutôt féminin. Mais, après tout, Hemingway a eu un succès énorme avec Le vieil Homme et la mer. Certes, il était Hemingway et le film de 1958 a beaucoup contribué au succès du livre.

Je vais quand même appeler mon éditeur pour lui demander s'il ne voit pas une collection dans laquelle un récit de vie aussi romanesque pourrait s'insérer. Après tout, la chalandise est potentiellement importante, ne serait que celle des rapatriés d'Algérie, des marins et des femmes de marins et de tous les nostalgiques d'un temps qui n'a cependant jamais véritablement existé.




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dimanche 28 avril 2024 vendredi 28 avril 2006 L'éditeur m'a rappelé. Il est d'accord pour prendre le récit de vie d'Antoine dans leur collection documentaire. Il est même particulièrement intéressé par ce que je lui ai raconté de ce que je sais déjà. Pour autant, il m'a aussi demandé de ne pas abandonner la commande d'une romance marseillaise. Je ne sais vraiment pas si je vais parvenir à écrire les deux textes en même temps.

Mais, Antoine va m'être aussi utile pour la romance. En effet, outre son récit de vie, que je vais pouvoir enregistrer avant de le retranscrire en en gommant les marques de l'oralité, sans effacer la truculence de sa langue, Antoine est un merveilleux guide de La Rouvière et de ses environs. Il connaît parfaitement les calanques, qu'il évoque par le sigle S.M.S. La première fois, j'ai pensé que c'était encore de la télécommunication mais il s'agit seulement d'un truc mnémotechnique partagé par de nombreux marseillais pour se rappeler l'ordre des calanques en partant de l'ouest : Sormiou, Morgiou, Sugiton. Ce ne serait pas un mauvais titre : « Les calanques S.M.S. ». Je vais y réfléchir. Mais il faut que j'y réfléchisse vite. Je dois quitter Marseille le 17 juillet et c'est très proche quand on doit écrire deux livres à la fois, même quand il s'agit de petits livres.




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mercredi 22 mai 2024 lundi 22 mai 2006
Il fait beau. Je pourrais presque me baigner aux Catalans, si j'avais le temps.

Ma romance dans les calanques avance bien, je trouve. J'ai envoyé le premier chapitre à l'éditeur qui m'en a fait un retour enthousiaste. Je dois comprendre par là que je ne m'éloigne en rien du genre de la collection, ni par le thème, ni par la langue. C'est ce que l'on me demande. Il s'agit en fait d'être original sans l'être. En ce qui concerne le décor, il faut le décrire suffisamment pour mettre au lecteur de se projeter dans le lieu mais pas trop pour ne pas ennuyer.

En effet, les descriptions sont réputées ennuyeuses. C'est cela en fait qui est ennuyeux, que l'on considère les descriptions comme ennuyeuses. Quand j'étais enfant, ou même adolescent, j'aimais les descriptions. Elles étaient pour moi comme une école du regard. Ne dit-on pas aussi d'un paysage qu'il est une cosa mentale. Ce que je nomme paysage, ce n'est pas seulement ce que je vois, cet arbre et cette colline ou bien encore ces nuages au-dessus d'un immeuble. Le paysage, c'est ce que je vois et la description que j'en fais mentalement, sans même m'y arrêter, enrichie, dans le meilleur des cas, de l'art que j'ai vu mais aussi de ce que j'ai lu. La plage des Catalans, à Marseille est une plage, mais elle est dans le même temps le théâtre des premières amours d'Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo.
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samedi 15 juin 2024 jeudi 15 juin 2006

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jeudi 27 juin 2024 mardi 27 juin 2006

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mercredi 3 juillet 2024 lundi 3 juillet 2006

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vendredi 5 juillet 2024 mercredi 5 juillet 2006

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mercredi 17 juillet 2024 lundi 17 juillet 2006

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mercredi 14 août 2024 lundi 14 août 2006

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jeudi 22 août 2024 mardi 22 août 2006
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lundi 26 août 2024 samedi 26 août 2006
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dimanche premier septembre 2024 vendredi premier septembre 2006

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vendredi 13 septembre 2024 mercredi 13 septembre 2006
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dimanche 15 septembre 2024 vendredi 15 septembre 2006
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jeudi 3 octobre 2024 mardi 3 octobre 2006

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mercredi 9 octobre 2024 lundi 9 octobre 2006
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dimanche 13 octobre 2024 vendredi 13 octobre 2006
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samedi 19 octobre 2024 jeudi 19 octobre 2006
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vendredi 25 octobre 2024 mercredi 25 octobre 2006
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jeudi 14 novembre 2024 mardi 14 novembre 2006

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samedi 30 novembre 2024 jeudi 30 novembre 2006
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lundi 2 décembre 2024 samedi 2 décembre 2006

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dimanche 8 décembre 2024 vendredi 8 décembre 2006

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samedi 14 décembre 2024 jeudi 14 décembre 2006