Diégèse Les narratrices et les narrateurs
Journal de Serge en 2018 - 35 jours -
Serge vit et travaille à Château-Chinon dans la Nièvre.




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mercredi 3 janvier 2024 mercredi 3 janvier 2018 Je me doutais bien que ma promotion était un cadeau empoisonné et que je devrais passer par un bizutage administratif. Je n'avais d'autre choix que d'accepter le poste à la sous-préfecture de Château-Chinon. Les collègues ont bien rigolé. Ils m'ont suggéré de m'engager en politique pour devenir maire puis président de la République. En attendant, je n'ai pas les moyens, comme François Mitterrand en son temps, de vivre à l'hôtel. J'espère que je vais trouver où me loger. Il n'y a que le sous-préfet qui a un logement de fonction... Mais ça ne devrait pas être trop difficile. Travailler à la sous-préfecture vaut passeport d'honorabilité. C'est déjà ça. Enfin, je l'espère car on ne peut pas dire que le parc immobilier de Château-Chinon (Ville) est très développé. Je vois la sous-préfète demain. Je lui demanderai si elle a des pistes pour trouver un logement. C'est son premier poste en sous-préfecture. Elle vient de la PJJ1. J'imagine que ça va la changer.




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mercredi 31 janvier 2024 mercredi 31 janvier 2018 Si François Mitterrand n'avait pas été le maire de Château-Chinon, je me demande si la ville serait restée une sous-préfecture. Avec moins de deux mille habitants, elle est dans le peloton de queue avec Largentière, en Ardèche et Montreuil-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Largentière est la 53e commune de l'Ardèche en nombre d'habitants, Montreuil-sur-Mer la 158e. Quant à Château-Chinon, elle tient le 17e rang du département de la Nièvre.

Dimanche dernier, je suis monté à pied au panorama du Calvaire qui culmine quand même à 609 mètres. Je ne sais pas si Monsieur le Maire s'y entraînait avant ses virées à Solutré. Si l'on prend au plus court, ce n'est qu'à 700 mètres de la sous-préfecture. Ce n'est pas le trekking de l'année. De toute façon, je dois reprendre l'entraînement. L'immobilité forcée après mon accident a fait fondre mes muscles. Et j'ai le souffle court. L'objectif serait de pouvoir y monter en courant à la fin du mois de février.




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vendredi 2 février 2024 vendredi 2 février 2018 Que vais-je faire de ce weekend  ? Je pense qu'il serait préférable que je ne reste pas à Château-Chinon. Je ne vais pas retourner au panorama. Je vais aller à Vézelay, qui n'est qu'à un peu plus d'une heure en voiture, au nord. Après tout, Vézelay est aussi un lieu mitterrandien.

Sur le site internet de la fondation qui porte son nom, on peut lire ceci : « Voici trente ans que je suis (à ma manière) un pèlerin de Vézelay. Ce que j'y cherche n'est pas précisément de l'ordre de la prière bien que tout soit offrande dans l'accord du monde et des hommes. Je pourrais tracer de mémoire un cercle réunissant tous les points d'où, du plus loin possible, on aperçoit la Madeleine. »

Bien sûr, tout devoir de réserve bu, la hauteur de la pensée et la délicatesse de l'expression tranchent avec ce que l'on rencontre aujourd'hui dans l'expression publique.




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jeudi 8 février 2024 jeudi 8 février 2018 Il est bien dommage qu'il n'y ait pas de sous-préfecture à Vézelay car j'aurais alors tenté de m'y faire nommer. C'était bien d'y aller en février car les touristes étaient assez peu nombreux. J'aurais voulu réserver une chambre à l'Hôtel de la Poste et du Lion d'Or qui se trouve aux pieds de la colline. Il s'enorgueillit d'avoir été le lieu du tournage de La Grande Vadrouille, avec Bourvil et Louis de Funès. Les chambres en cette saison sont encore très abordable et le service semble soigné. Je ne sais pas où descendait François Mitterrand à Vézelay. Peut-être là, ou peut-être n'y dormait-il pas. Je suis donc allé au Relais du Morvan, qui est un peu moins chic, mais très bien aussi.

J'ai choisi de monter à la basilique par le chemin de la Corderie plutôt que par la rue centrale et j'ai donc découvert l'édifice par son chevet. Qu'elles soient romanes ou gothiques, c'est ainsi que je préfère découvrir quand c'est possible églises et cathédrales.

Arrivé sur la place, je me suis amusé à regarder en détail les vitrines des magasins qui proposent des souvenirs et des reproductions parfois fort bien faites d'éléments de sculpture de l'abbatiale. J'ai regardé longtemps la plaine. Il faisait froid. Je n'ai finalement pas osé entrer dans l'abbatiale. Je n'ai pas réussi à déterminer ce qui m'en empêchait. Il faudra donc que j'y retourne.




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samedi 2 mars 2024 vendredi 2 mars 2018 C'est décidé, demain, je vais dans une des grandes villes mitterandiennes : Nevers. Plus précisément, je vais aller à la bibliothèque Jean-Jaurès qui a reçu vingt mille volumes qui avaient été reçus par l'ancien président de la République. Il faut que donc que j'y aille samedi, car elle est fermée le dimanche. Mais, du coup, dimanche, je pourrais aller à Clamecy.

Je pense qu'après 1993, Nevers, c'est aussi pour le vieux président malade la ville où il a rendu hommage à Pierre Bérégovoy, la ville où il a prononcé ce discours célèbre où il avait estimé que le ministre avait été livré aux chiens. On peut en trouver des extraits en vidéo sur le site de l'INA. L'homme apparaît marqué par la douleur et la colère et aussi par la maladie. La partie gauche de son visage est légèrement affaissée. On ne peut encore une fois qu'être frappé par la solennité et la gravité communicative. Voici un homme qui a pensé ce qu'il dit et qui pense ce qu'il dit. Le personnel politique d'aujourd'hui devrait en prendre de la graine.





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jeudi 14 mars 2024 mercredi 14 mars 2018 Je me suis amusé à regarder sur le site de l'INA le film de l'inauguration par François Mitterrand de l'imprimerie de l'armée de terre et de la fontaine de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Que ces deux réalisations arrivent dans la petite sous-préfecture de la Nièvre est évidemment le fait du prince et c'est bien un monarque qui inaugure tout cela, marquant, même quand il serre les mains, une distance princière. D'ailleurs, je crois bien qu'il touche les mains des administrés plutôt qu'il ne les serre.

Niki de Saint Phalle a un drôle de chapeau ou bien un chapeau drôle, qui rappelle les statues qu'elle a placées dans la fontaine dont les mécanismes ont été inventés et réalisés par Jean Tinguely.

Pierre Bérégovoy est de la visite, ainsi qu'Hervé de Charette, alors ministre délégué à la Fonction publique et au Plan et c'est d'ailleurs certainement pour le Plan qu'il a été dépêché par le Premier Ministre Jacques Chirac. C'est que l'on est encore en cohabitation. C'est pourquoi dans ce journal, on ne voit pas Jack Lang. Il le sera de nouveau, avec un portefeuille élargi, trois mois plus tard.

Il faudra demain que je me penche sur l'état de la fontaine, sur sa propriété. S'il s'agit d'une commande de l'État, il y a fort à parier qu'elle lui appartient encore. On se demandait en 1988 si les Château-Chinonaises et les Château-Chinonais adopteraient ou non cette fontaine. Trente ans plus tard, non seulement ils l'ont adoptée, mais ils l'aiment et ils en sont fiers, adorant l'idée qu'elle soit plus grande que celle de Paris.




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mercredi 20 mars 2024 mardi 20 mars 2018 Il faut que je prenne quelques vacances et j'irai dans le Larzac. Mitterrand aurait dit de cette terre qu'elle était si près du ciel. La formule est-elle véridique ? Sans doute. Il avait promis de faire abandonner le projet de camp militaire qui avait cristallisé et coalisé les luttes paysannes et gauchistes. Ces luttes auront quand même duré dix ans. Mitterrand tiendra sa promesse, même si, en fait, les procédures d'expropriation avaient été annulées une année avant son élection, en mai 1980. La légende mitterrandienne regorge de ce genre de tiroirs à double fond.

Mais le Larzac est grand, et quel endroit choisir pour passer un weekend printanier, et le passer seul ? Sans doute irai-je au plus simple et le plus au nord, à Millau. Et comme il se doit, j'irai voir le viaduc mais tenterai aussi de trouver quelques paires de gants qui seraient encore fabriquées dans la ville. Mais je crois qu'il n'y en a plus. J'aimerais trouver un hébergement du côté du Pont Vieux. C'est là que les peintres et sculpteurs millavois ont leur local. Avec un peu de chance on me louera un de ces appartements dont le balcon donne sur le Tarn. Et, le dimanche avant de repartir, je tenterai de gravir le Pouncho d'Agast, qui vaut bien la Roche de Solutré, bien que moins célèbre.




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mercredi 3 avril 2024 mardi 3 avril 2018 J'ai reporté un peu mon excursion à Millau. J'étais de permanence tout le weekend dernier. Malheureusement. J'écris malheureusement, car, ce que je crains le plus quand je suis de permanence est arrivé... Quand un accident de la route est vraiment très sérieux, il arrive que les gendarmes appellent le sous-préfet et celui-ci se rend dur place. Quand c'est le weekend, c'est l'agent de permanence qui s'y rend et cette fois, c'était moi.

Je ne vais évidemment rien décrire de ce que j'ai vu ni de ce que j'ai entendu, ni même écrire ici dans ce journal que personne ne lit ce qui s'est passé. Mais, je sais qu'il va falloir maintenant que je me débarrasse de ces images et de ces sons et je ne sais pas bien comment faire. Il arrive qu'on mette en place des cellules d'aide psychologique pour les victimes, plus rarement pour les employés sensibles des sous-préfectures.

Je vais quand même me renseigner pour savoir si je peux consulter. Cela fait déjà deux jours que je me réveille en hurlant et je ne me souviens pas du rêve qui me réveille ainsi en panique. Ce sont les risques du métier, pensera-t-on. Ce n'est pas ce que je préfère dans ce métier en tout cas.




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dimanche 21 avril 2024 samedi 21 avril 2018 Le médecin m'a donné des anxiolytiques en m'assurant que c'était une médication légère qui ferait baisser la pression. Pour autant, j'ai un peu de mal encore à conduire car je crains que chaque voiture que je croise ne se déporte sur la gauche et ne vienne provoquer  un choc frontal.  Quand on évoque certains accidents mortels, on dit parfois : « Il ou elle ne l'a pas vu arriver ». Je pense que dans un accident frontal on voit très bien arriver ce qui est en train d'arriver.

Je vais m'entraîner sur de courtes distances, par exemple en allant voir la Loire à Gannay-sur-Loire, qui est sur la route de Moulins, en venant de Château-Chinon. C'est à 48 km. Cela me fera donc une petite centaine de kilomètres dans la journée. Je devrais pouvoir le faire. Et puis cela m'amuse d'aller voir la Loire, encore jeune, encore étroite, qui prendra peu à peu ses aises dans un lit qui ne cessera de croître à mesure qu'elle ira vers l'océan.

Je ne sais pas si je vais très bien. Quitte à aller à Gannay-sur-Loire, je pourrais pousser jusqu'à Moulins, qui n'est qu'à une trentaine de kilomètres de là. Mais, je sais que je ne le pourrai pas.

Je rêve encore la nuit mais je ne crie plus.




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jeudi 25 avril 2024
mercredi 25 avril 2018 Je vais aller passer le weekend du premier mai à Paray-le-Monial. Je tenterai d'aller voir la ferme où les bandits qui avaient braqué le musée du septennat ont été arrêtés. C'est une histoire rocambolesque qui s'est déroulée avant que je n'arrive à Château-Chinon. Deux fois, en 2015 et en 2017, le musée a été cambriolé. La magistrate chargée de l'affaire pense que les deux cambriolages sont liés. Encore faudra-t-il le prouver.

Certes, le lien entre Paray-le-Monial et François Mitterrand est ténu, pour ne pas dire inexistant. Mais, je me sens d'attaque désormais pour remonter lentement et prudemment la Loire. Pour éviter les virages, comme font les parents qui ont des enfants à qui la voiture donne la nausée, je rejoindrai la Loire à Gannay-sur-Loire, puis, via Bourbon-Lancy, j'arriverai à destination. Paray-le-Monial n'est d'ailleurs pas sur la Loire mais sur la Bourbince, affluent de l'Arraux lui-même affluent de la Loire. On reste dans le même bassin versant. D'ailleurs, la ville est traversée par le canal latéral à la Loire. Si j'étais plus courageux, je ferai tout cela à vélo. Mais ce sera pour plus tard... ou jamais.

Je n'ai aucune idée de ce que je vais pouvoir faire à Paray-le-Monial pendant trois jours. Je repartirai le premier au soir. J'espère qu'il n'y aura pas trop de monde sur les routes.




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mercredi premier mai 2024 mardi premier mai 2018 Je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire à Paray-le-Monial pendant trois jours, ce que ne se demandent pas les deux-cent-mille pèlerins qui s'y rendent chaque année. Je ne connaissais pas cette histoire dévote qui, pourtant, n'est pas si ancienne : entre 1673 et 1675 le Christ est apparu à sœur Marie-Marguerite, née Marguerite Alacoque et lui a laissé un message ou plutôt douze promesses faites aux fidèles qui pratiqueront leur dévotion neuf premiers vendredi du mois.

Un païen dirait que le « truc » de Marguerite était la flagellation, pratique qu'elle n'a jamais cessée en mémoire de la flagellation du Christ, et ce, jusqu'à en rester parfois longuement paralysée. Elle pratiquait aussi la macération, c'est-à-dire l'offrande de sa douleur physique à Dieu et en tenait le détail dans des carnets. Ce type de pratiques existe dans toutes les religions connues et la chose a certainement été décrite par la science, qui après les romans de M. Sacher-Masoch a trouvé le nom de masochisme.

On imagine cependant bien les plaisanteries sans fin que son patronyme a pu susciter pendant les cours de religion. On pourrait par exemple imaginer qu'un homme s'infligeant la macération des testicules puisse revendiquer de les avoir « à la coque ».

Il n'y a pas de mal à être potache, mais j'irai en enfer.




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jeudi 9 mai 2024 mercredi 9 mai 2018 Je suis encore à Paray-le-Monial. Et c'est bien contre mon gré. Mais, mon inconscient n'était pas de cet avis. Quand je suis monté dans la voiture pour repartir vers Château-Chinon, j'ai été pris par une crise d'angoisse qui m'a tétanisé. De grosses gouttes de sueur perlaient à mon front. Mes mains étaient moites. J'avais l'impression que mon cœur battait la chamade. Mais, plus ennuyeux encore, mes jambes tremblaient et il m'était impossible d'accélérer sans faire une embardée, ni de freiner sans piler. J'ai trouvé en urgence un médecin qui m'a prescrit des anxiolytiques, mais qui m'a aussi strictement interdit de conduire pendant une bonne dizaine de jours. Il m'a donc prescrit un arrêt de travail.

Je suis donc encore à Paray-le-Monial. Je vais, je crois, aller demander à la sainte des lieux d'intercéder pour que je puisse rentrer chez moi et reprendre mon travail. Il y a des jours où l'on aimerait bien croire. Mais je ne suis pas sûr que Dieu se contente d'une foi strictement utilitaire. Quoique... S'il est tout puissant, cela doit lui être indifférent. Il suffit peut-être de demander.




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mercredi 15 mai 2024 mardi 15 mai 2018 Je suis enfin revenu à Château-Chinon et j'ai pu reprendre le travail. Tout se passe normalement. Mais, il y a cette collègue qui vient me voir toutes les heures pour me demander si ça va et si elle continue, je pense que ça n'ira pas longtemps.

L'Ascension est passée et avec elle son fameux weekend accidentogène. Je pense qu'il y a des gens qui pensent que l'Ascension n'est qu'un weekend où il faut faire attention de ne pas avoir des accidents. Mais on s'achemine vaillamment vers la Pentecôte, qui a à peu près les mêmes caractéristiques, même si le lundi de Pentecôte a perdu un peu de son caractère férié depuis Monsieur Raffarin. Ce sera le 21 mai et je crains d'être encore de permanence, surtout après mon arrêt maladie. Si les automobilistes pouvaient s'abstenir de tout accident sanglant pendant ce prochain weekend, cela arrangerait ma santé mentale.

J'ai pourtant fait le trajet de retour sans difficultés, c'est-à-dire sans angoisses particulières. Une fois, peut-être, lorsque l'on m'a doublé en klaxonnant à l'approche d'un virage. Mais pas davantage.

C'est quand même incroyable le nombre de gens qui se servent de leur véhicule comme d'une arme. Et en plus il sont de plus en plus gros, les véhicules autant que les conducteurs. Il faudrait faire une étude sur le régime alimentaire des propriétaires de SUV et autres pickups pour vérifier que la taille de leur véhicule est en rapport aux calories ingérées.




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mardi 21 mai 2024 lundi 21 mai 2018 C'est le lundi de Pentecôte et je suis de permanence. Il faudra bien que j'en parle à la sous-préfète. Ces permanences du weekend provoquent chez moi une angoisse forte, acide, que je ne pourrais calmer qu'avec des anxiolytiques. Mais si je me calme aux médicaments, il est ensuite déconseillé de conduire. Or, être de permanence, c'est être en capacité de se déplacer partout dans l'arrondissement et les motifs ne manquent pas. Le représentant de la sous-préfecture a autorité sur les forces de gendarmerie et ne peut se dérober s'il est sollicité.

Je croise les doigts. Il ne se passera peut-être rien qui nécessitera ma présence. Dans l'attente, je vais trouver un ou deux rapports à lire.  Il y a un rapport de la Cour des comptes de 2012, je crois, consacré aux sous-préfectures. Je parie qu'il évoque les économies qui pourraient être faites. Ce qui est bien, avec la Cour des comptes, c'est que l'on n'a pas de surprise sur les objectifs de ses rapports. S'agissant des sous-préfectures, le mouvement est pendulaire. Un coup, on veut les supprimer ou en réduire le nombre, un coup on veut les renforcer au nom de la nécessité d'une présence de l'État à proximité de tous les territoires. Florac, n'est pas la plus menacée puisqu'il n'y en a qu'une en Lozère. Mais les sous-préfectures d'arrondissement des départements de petite couronne parisienne sont, par exemple, régulièrement dans le collimateur des réducteurs de coûts.

Je pourrais aussi essayer de trouver quelle sera ma prochaine destination mitterrandienne...
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1. Protection judiciaire de la jeunesse.