Diégèse Les narratrices et les narrateurs
Journal de Yiannis en 2024 - 32 jours -
Yiannis écrit ce qui se passe.




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lundi 8 janvier 2024 lundi 8 janvier 2024 Je n'avais jamais entendu parler de ce « Yannis » qui a, semble-t-il, suscité cette pétition absurde en faveur de Gérard Depardieu. Bien que nos prénoms diffèrent par leur orthographe, j'ai dû plusieurs fois le préciser et l'épeler. Dans l'enfance, il fallait que je précise que ce n'était pas une erreur et que je ne me prénommais pas « Yannick ». Ce n'est pas un prénom, c'est un malentendu.

Au lieu de signer des pétitions et des contre pétitions pour un comédien scandaleux et populaire - en même temps - les gens auraient avantage à se mobiliser pour que l'horreur cesse à Gaza. Il ne peut y avoir de justification à l'horreur, où qu'elle soit et quelles qu'en soient la source et les auteurs. La rhétorique de la vengeance est toujours, finalement, celle du perdant, car, elle finit toujours par perdre devant l'histoire. Je croyais que le peuple hébreu l'avait appris dans les larmes et dans la souffrance des siècles.

J'aimerais relire Étoile errante de J.M.G. Le Clézio. Je viens d'ailleurs de m'apercevoir que la notice consacrée au roman dans Wikipédia omet de mentionner ce qui a été pour moi l'un des plus grands chocs littéraires de ma première jeunesse : la rencontre d'Esther et de Najma la Palestinienne.

Je vais relire Étoile errante.




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jeudi premier février 2024
jeudi premier février 2024 Pourra-t-il se maintenir  ?

Notre jeune Premier-Ministre voudrait croire et démontrer que la France change et qu'elle peut donc admettre que le Premier ministre est né en 1989 et ouvertement homosexuel, comme il l'a déclaré à la tribune de l'Assemblée nationale. Il n'en reste pas moins que l'hémicycle est tenu par du mâle blanc hétéro qui aura vite fait de le cataloguer. L'homophobie est dans ce pays aussi bien ancrée que l'antisémitisme. Une personne homosexuelle risque toujours, quand elle s'y attend le moins, de se faire traiter de « sale PD » ou de « sale gouine ». Comme c'est puni par la loi, ils ne le diront pas, mais ça se voit sur leurs visages. Je pourrais citer des noms.

Je me demande comment réagira le Président si le Parlement parvient à faire tomber son gouvernement quelques jours après sa constitution, comme dans les jours les plus confus de la 4e République ou ceux de la République italienne. Risqueront-ils que l'Élysée, dos au mur, dissolve l'Assemblée ? Combien sont sûrs, dans tous les rangs, d'être réélus ? Une poignée. Il n'y a pas aujourd'hui, dans l'Assemblée telle qu'elle est, de majorité alternative. On l'a bien vu avec la loi sur (ou contre) l'immigration. L'alliance des extrêmes a fait flop. La droite républicaine s'est donnée un leader repoussoir qui ne fait plus rempart aux fascistes.

Les Palestiniens continuent à mourir. Les évêques africains refusent de bénir les couples de même sexe. Les agriculteurs bloquent la France.

C'est l'hiver pré fasciste.




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lundi 19 février 2024 lundi 19 février 2024 Je ne comprends rien à l'époque. Tiens, c'est presqu'une citation d'un vers d'un poème d'Aragon chanté par Jean Ferrat et qui évoque, je crois, les années 1930 et la montée des fascismes et du nazisme : « La pièce était-elle ou non drôle / Moi, si j'y tenais mal mon rôle / C'était de n'y comprendre rien. » À la différence que je sais que la pièce n'est pas drôle, même si moi non plus, je n'y comprends rien.

Je n'aurai pas cru vivre assez longtemps pour en arriver à penser que l'autorité qui me semble, au niveau international, la plus juste et la plus respectable est celle du Pape. Je n'aurais pas cru non plus que je serai en plein accord un jour avec François Bayrou, cet homme politique adepte des compromis sinon des compromissions et dont il était encore récemment de bon ton de se moquer. Et je n'étais pas le dernier à ce jeu-là.

L'urgence, c'est Gaza. Mais l'urgence, c'est aussi l'Ukraine. Et que se passe-t-il en Syrie ? Où en sont les Kurdes ? Comment les Argentins s'en sortent-ils avec leur dictateur d'opérette ? Je ne sais plus où donner de la tête.

On dirait bien que les médias, et à travers les médias la société, les gens, guettent en permanence ce qui fera étincelle et qui provoquera l'embrasement potentiellement définitif. Est-ce que ce sera la mort de l'opposant russe Alexeï Navalny dans les geôles du régime russe ? Sans doute non. Le propre de ces étincelles à travers l'histoire est toujours d'être imprévisibles.




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jeudi 29 février 2024 jeudi 29 février 2024 Alexeï Navalny sera enterré demain dans la banlieue de Moscou. On inaugure aujourd'hui en Seine-Saint-Denis le village olympique. De jeunes soldats israéliens diffusent massivement sur les réseaux sociaux des vidéos montrant des exactions contre les Palestiniens de Gaza. La Cour suprême américaine fait tout ce qui est en son pouvoir pour retarder le procès des émeutiers contre le Capitole.

Le monde va bien.

On pourrait se demander pourquoi je place l'inauguration du Village olympique dans cette énumération de déboires historiques. C'est la petite touche pour que l'on se rappelle qu'en 1936, les Jeux olympiques se sont déroulés à Berlin. Supposés être le symbole de l'amitié entre les peuples dans le cadre d'une compétitions sportives marquées par le respect mutuel, ces jeux n'ont jamais été que les chantres du capitalisme triomphant. et des guerres capitalistes triomphantes.

Je réfléchis en ce moment à la question de la vérité, d'un point de vue philosophique. Une première approche me laisse penser que je ne serais pas très éloigné de Saint Thomas d'Aquin. Pour Thomas, foi et raison ne peuvent se contredire car elles viennent l'une et l'autre de Dieu. Pour moi, elles ne peuvent se contredire car elles ne sont pas du même ordre. Pas besoin de faire intervenir Dieu là-dedans. Elles ne sont pas du même ordre, comme le bien et le mal ne sont pas du même ordre. Pour tenter de cerner le bien, comme pour tenter de cerner la vérité, il faut d'abord parvenir à dépasser le principe de non-contradiction. C'est pour le moment une intuition. Je vais y travailler.




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mardi 12 mars 2024 mardi 12 mars 2024 Suivre l'actualité de cette fin d'hiver 2024, c'est comme vouloir suivre l'intrigue échevelée d'une mauvaise série télévisée. Il se passe beaucoup de choses mais il ne se passe rien.

Si je tente de me figurer, au sens propre, les personnages politiques, je vois alors le président de la République à la recherche vaine de quelque nouveau truc pour exister valablement. Ces derniers jours, après l'avortement dans la Constitution, c'est le droit de mourir dans la dignité. C'est sans doute un fait de société, une demande. Je ne peux cependant pas m'empêcher de penser qu'il serait préférable de multiplier les unités de soins palliatifs. Je ne peux pas non plus m'empêcher de penser que cela va permettre à des gens de gagner de l'argent en ouvrant dans la foulée des cliniques de la mort assistée. En fait, derrière toute demande sociale, souvent préparée sinon suscitée par les médias, il y a la perspective d'un nouveau marché.

La mort assistée ou non demeure la mort. Je me souviens de la polémique en Italie quand Pasolini avait dit qu'on ne pouvait pas être pour l'avortement. On peut évidemment être pour que les femmes aient le droit réel d'avorter, c'est à dire avoir accès dans les faits à des soignants qui pratiquent l'avortement et ce, sans être stigmatisées, malmenées. On peut être pour cela et même militer pour cela... sans oblitérer la douleur d'un avortement.

Il semble que le président se demande ce qui restera de lui dans l'histoire. L'histoire le dira, et non le parlement réuni en congrès.




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jeudi 14 mars 2024 jeudi 14 mars 2024 Il fait beau aujourd'hui, ça ne va pas durer.

C'est assez curieux désormais de se promener à Paris, ce que j'ai fait la semaine dernière. Quand on prend le métro, on est assourdi par les annonces incessantes en plusieurs langues qui alertent sur la présence de pickpockets, sur la nécessité de surveiller ses bagages, mais aussi pour rappeler les fermetures de lignes, soit parce que l'on change les voies, soit parce qu'on les allonge. Tout cela est bien évidemment en prévision des Jeux olympiques pour lesquels on met les bouchées doubles.

Je vais me terrer loin de Paris pendant toute la durée des Jeux Olympiques. Je sais que je le regretterai ensuite, car j'aime à regarder les foules et les foules seront heureuses ou feindront le bonheur, comme on feint le bonheur quand on a payé fort cher pour aller quelque part. Il ne faudrait pas gâcher l'ambiance. L'esplanade du Trocadéro, qui fait face, on le sait, à la Tour Eiffel, est devenue une piste à selfies. Ce qui m'a frappé la dernière fois que j'y suis allé, ce n'est pas le nombre des photographes à téléphones, mais bien que les sujets photographiés adoptent toutes et tous les mêmes poses. Le selfie est un genre. Il faut montrer les dents en souriant. Le sourire est plus que jamais devenu denté à mesure que la population a de meilleures dents. Quant aux autres, ils sourient l'air entendu.




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lundi 18 mars 2024 lundi 18 mars 2024 La Russie est pour la France un pays imaginaire. Certes, tous les pays sont imaginaires et n'existent pour peu que l'on veuille bien y croire. D'ici à Moscou, ce ne sont qu'une succession de tronçons de routes et si ce n'étaient les tracasseries administratives, il serait aisé de s'y rendre en automobile. Quant au train, il aurait fallu pouvoir accompagner Blaise Cendrars. Il est un peu tard pour aller prendre à Moscou le Transsibérien jusqu'à Vladivostok. D'ailleurs, Vladivostok prend aussi place dans notre imaginaire sans que l'on sache précisément pourquoi.

Ainsi, dans la pluralité de nos imaginaires, le président de la République a choisi celui où la Russie est une sorte d'ours dangereux sinon de monstre sanguinaire. Les photographies du président dictatorial récemment élu s'affichent sur les écrans. Les lèvres sont minces, le visage inexpressif. On est propulsé dans un film d'espionnage des années 1950. Et c'est parfait car, sans doute le compteur imaginaire de M. Poutine est bloqué sur un stalinisme réputé invincible.

Mais, au-delà des imaginaires, il y a les intérêts du capitalisme et celui-ci, cette fois, n'a pas vraiment d'intérêt à une guerre impliquant la Russie, car, cela pourrait déstabiliser la Chine et plus que jamais, le capitalisme a besoin de la Chine, qui relève d'un autre imaginaire.




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lundi premier avril 2024 lundi premier avril 2024 Je pourrais faire la chasse aux poissons-d'avril dans la presse du jour comme les enfants cherchent les œufs de Pâques dans les jardins malgré le mauvais temps et le risque d'orages sur une partie du territoire. La difficulté réside parfois dans la distinction entre ce qui relève du canular et ce qui n'en relève pas. Ainsi, Donald Trump relayant sur son propre réseau social une photographie du Président Biden ligoté à l'arrière d'un pick-up... Est-ce vrai ou faux ? Sans doute vrai. Le traditionnel poisson-d'avril a perdu de son intérêt depuis que la diffusion de fausses nouvelles est devenue une industrie, un support publicitaire s'appuyant sur les ressorts les plus troubles de l'esprit humain, ou plutôt de la pulsion mauvaise humaine.

Je ne vais donc pas chercher les fausses nouvelles même si j'ai souri en remarquant que La Croix avait laissé brièvement sur son site une édition où ne figuraient que les éléments de la maquette.

Toujours dans La Croix, on évoque la légalisation du cannabis en Allemagne. Même si l'article commence par une dénégation, récusant la possibilité que ce soit un poisson d'avril, en est-on bien certain ? Comme l'information est reprise dans toute la presse, c'est sans doute vrai.

Je vais plutôt réfléchir à l'écart sémantique entre le vrai et la vérité. Cela va bien m'occuper la journée entière sinon davantage.




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jeudi 11 avril 2024 jeudi 11 avril 2024 Hier, dans l'enceinte du Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté, les élus du Rassemblement national ont brandi des pancartes ordurières. Certains les ont qualifiées de xénophobes. Elles le sont. Mais évoquer la xénophobie et le Rassemblement national est une forme de redondance dont on peut se passer.

Ce qui me frappe, c'est que ces gens et leurs prédécesseurs d'extrême-droite avant eux, qui se targuent de vouloir rétablir un ordre qui aurait été détruit par un pouvoir faible sont en fait des trublions. C'est d'ailleurs pourquoi les territoires où ils sont élus sont des territoires de l'incivilité. « On a des grosses bagnoles et on vous emmerde ». C'est à peu près le seul message qui s'échange.

Cependant, ce qui est inquiétant dans cette période pré fasciste, c'est qu'elle est mondiale et que l'on ne compte plus les pays où elle progresse. Elle progresse autant et tant que régresse la pensée, qui n'a pas bonne presse quant à elle. ON préfère croire que penser, c'est plus aisé. Et pour la consommation, c'est évidemment plus profitable.




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mercredi 17 avril 2024 mercredi 17 avril 2024 Je lis dans la presse qu'un chef d'entreprise s'est fait accorder une rémunération de plus de 36 millions d'euros. C'est magnifique. J'ai lu beaucoup de commentaires sur cette rémunération, mais je n'ai rien lu qui réponde à la question que moi, je me pose : que va-t-il faire avec cet argent  ?

C'est pourtant, me semble-t-il une question importante. Va-t-il comme certains acquérir des médias ? Va-t-il investir dans l'industrie ? Le commerce ? Va-t-il se faire construire un palais sous la mer ?

En fait, cela m'est égal. Ce qui m'intéresse, ce sont les mécanismes qui sont mis en place pour traiter les fortunes personnelles. Ce qui m'intéresse aussi, ce sont les motivations personnelles d'un homme qui fait voter une telle rémunération au conseil d'administration de son entreprise. Sur cela, je n'ai rien lu, mais j'ai peut-être mal cherché.

Quel sera le poids de cette rémunération dans l'état guerrier du monde ?




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mardi 23 avril 2024 mardi 23 avril 2024 Cette année, le printemps n'arrive pas. Bien sûr, la nature a fait pousser les feuilles des arbres, les fleurs de saison, mais les températures demeurent encore hivernales. Cela ne va pas contribuer à faire baisser la facture de chauffage des foyers de France et l'on ne mesure sans doute pas suffisamment précisément l'impact de la facture de chauffage sur le résultat des élections. Nul doute que les élections européennes qui arrivent seront glaciales.

L'hiver le plus terrible sévit dans les âmes à Gaza. J'ai commencé à lire un article sur la destruction de l'hôpital Al Shifah (le soin) et je n'ai pas pu le terminer, empli de peine et de douleur. Ce qui se détruit là, le dira-t-on, c'est, pour longtemps, la possibilité de la paix dans la région. Toute personne éclairée le sait, le voit, l'entend, le comprend. Sur le long terme, la destruction de cet hôpital aura un impact désastreux sur Israël. Et peut-être à moyen terme aussi.

Pourquoi le printemps, cette légèreté, pourrait accepter de venir cette année ?




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lundi 29 avril 2024 lundi 29 avril 2024
Je lis qu'à Châteauroux, un jeune homme de quinze ans a tué un autre jeune homme de quinze ans à l'arme blanche.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que l'actualité fait état de morts violentes de très jeunes hommes tués dans des rixes qui sont parfois des lynchages. Les motifs semblent d'une ténuité navrante, tels des propos déplacés, une dette d'honneur... Chaque fois, l'arme du crime est un couteau. Les deux derniers meurtres qui ont fait la une de l'actualité n'étaient pas liés au trafic de drogue.

C'est difficile à comprendre et il faut bien se garder d'avancer toute explication nécessairement hâtive. Mais, remarquons que ni les hormones, ni les couteaux n'ont été inventés en 2024. Quant à Châteauroux, la ville a plutôt une réputation tranquille.

Je peux me faire aider par la sociologie. Ainsi, Thomas Sauvadet, pour le magazine universitaire en ligne The Conversation conclut un article de février 2021 par ces mots : « Il s’agit donc d’une montée en puissance des bandes, à la fois économique et culturelle, rendue possible en raison de la précarisation et la fragmentation économique et culturelle des classes populaires, qui elle-même renvoie aux évolutions économiques et culturelles des sociétés européennes, française en l'occurrence. » L'auteur évoque aussi le rôle des réseaux sociaux qui facilitent l'alimentation des conflits et la géolocalisation des victimes.

Alors ? Pour aller vite, il me semble que la libido de l'avoir suscitée par l'organisation économico politique, c'est à dire par le capitalisme exacerbé par le libéralisme mondialisé, est conduit nécessairement au passage à l'acte, celui de l'acquisition légale, celui du vol, celui du meurtre. Contrairement à ce que peut croire ou faire semblant de croire le Premier ministre, il ne s'agit pas d'un problème d'autorité, mais de celui de règles communes partagées qui incluent l'empathie pour l'autre et le respect de l'autre en tant qu'autre. Il s'agit donc d'une morale sociale et c'est cette morale sociale qui est constamment battue en brèche par le pouvoir lui même qui fait semblant de combattre par la répression des conditions qu'il a lui-même mis en place.




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vendredi 17 mai 2024 vendredi 17 mai 2024
La Nouvelle Calédonie. Les titres des journaux sont formels  : le pays s'engage dans une guerre civile. Si l'on y réfléchit, la décolonisation s'est toujours accompagnée de guerres civiles, même en Algérie. Surtout en Algérie. Le gouvernement annonce l'envoi de troupes militaires. C'est donc bien une guerre coloniale. La situation de l'archipel bouscule l'agenda de la politique intérieure, toutes les oppositions criant haro sur le gouvernement... comme toujours. Et, comme toujours, cela profite à l'extrême droite. Ces oppositions fustigent la supposée faiblesse du gouvernement et du président.

On l'a compris, même si, comme c'est mon cas, on ne sait rien de très précis sur la situation néo-calédonienne, le faisceau d'indicateurs relatifs à la décolonisation est là intégralement, que ce soit dans l'archipel ou en métropole. Il ne reste plus qu'à vérifier que le dégel du corps électoral, tel qu'il est envisagé, favoriserait aussi les classes sociales les plus privilégiées. On ne vérifiera même pas car cela va d'évidence.




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mercredi 29 mai 2024 mercredi 29 mai 2024 J'entendais hier un météorologue à la radio qui expliquait que le phénomène dit des «  gouttes froides  » allait s'intensifier avec le réchauffement climatique. Il s'agit en fait d'une sorte de décrochage d'une poche d'air très froid qui quitte le courant d'altitude pour s'arrêter au-dessus de nos têtes. Cela donne un temps instable, difficilement prévisible, beaucoup de pluie et des températures qui demeurent basses pour la saison. J'entendais aussi, dans le même bulletin, que les sols étaient gorgés d'eau et que les agriculteurs ne pouvaient parfois aller semer au milieu des champs au risque de s'embourber. Le temps ressenti au nord de la Loire est celui d'un mauvais mois de mars.

Je suis certain que cela joue sur les intentions de vote aux Européennes. Le climat politique est pesant comme le climat. Le dérèglement du climat induit le dérèglement du climat politique.

Je regarde la photographie qui présente les têtes de liste aux élections européennes. Ces personnes sont plutôt jeunes. Ce qui m'arrête, moi, c'est le sourire de Jordan Bardella. On lui a sans doute dit que l'un de ses atouts était ses fossettes. Alors, quand il sourit, il rentre un peu les joues pour mieux les faire apparaître. Nul doute qu'elles disparaîtront vite. Ce Monsieur, c'est un peu le «  Dorian Gray  » de la nouvelle d'Oscar Wilde ou bien encore ces personnages de films de série Z qui cachent un monstre sous un visage séduisant. Quand on le regarde, on attend inconsciemment que le masque tombe révélant le visage grimaçant du vieux Le Pen.

Mais ça n'arrivera pas avant le 9 juin.
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