| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| vendredi
13 février 2026 |
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2026 |
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| ce
travail est commencé depuis 9541 jours
(7 x 29 x 47 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 23994 jours
(2 x 32 x 31 x 43 jours) |
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| ce
qui représente 39,7641% de sa vie |
mille
trois cent soixante-trois semaines d'écriture |
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| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
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| Page 12 | Page 13 | Contourner Venise | |||||||
| Je ne pensais pas que mon travail sur les lidos de Venise prendrait ce tour. Je me transforme en enquêteur inlassable et obstiné sur le mythe de l'existence des fantômes, des réincarnations et des disparitions définitives des spectres. J'ai lu que les fantômes rodent autour des lieux qui marquent la vie et la mort, l'hospice et le cimetière. Il y a les deux à Poveglia et peut-être même des fosses communes imaginaires remplies après d'horribles massacres. Plusieurs vieillards de Malamocco m'ont assuré avoir croisé des fantômes. Ils pouvaient m'assurer que certaines nuits de brume,
les plus dégourdis traversent à la nage et viennent sur les murazzi
pour voir l'Adriatique. Certes, c'est assez étrange de penser que les
fantômes ont la possibilité de nager. Peut-être nagent-ils pour retrouver le passé, quand, quelques années auparavant, ils pouvaient s'ébrouer dans l'eau. Il a fait soleil aujourd'hui. Ce soir, les terrasses étaient pleines de monde. J'ai vu plusieurs couples bien mis prendre le bateau pour Venise, sans doute pour aller au théâtre. Je vais recommencer mon texte depuis le début, je vais le prendre à la racine. Le personnage principal ne me convient plus. Je le trouve même inélégant. Je l'imagine plus distant encore mais courtois. Cela fait trois fois que, successivement, je recommence. Je pense que je ne suis pas assez concentré, que je n'écris pas assez longtemps. Pourtant, je ne peux pas faire qu'écrire. Mais cette possibilité de recommencer indéfiniment le même texte, c'est sans doute pourquoi j'écris. L'écriture, c'est cela qui fait que nos vies en récit sont des vies virtuelles, une sorte d'éternel retour, une mémoire inachevée. |
Je devrais peut-être essayer d'autres genres littéraires. La romance, par exemple. Ce doit être amusant et agréable de raconter le fou rire d'un couple d'amoureux, le pouvoir magique de l'attraction des corps, la recherche du mot le plus adapté pour avouer son amour et le temps déplié, qui imagine, sous le vent, encore, sous le vent. Seuls les poètes et les mages peuvent distinguer le grand amour sans verser dans la bluette. Mais de cela je ne sais rien ou presque et je ne l'écrirai donc pas. Ou bien devrais-je aller rechercher dans ma mémoire une vieille histoire sous un nid de poussière, une légende historique, presque, enterrée là par superstition. Ce serait comme tenter d'aller sur les traces du diable. Peu importe, il y a beaucoup d'autres possibilités d'écriture. Je peux toujours saisir la magie de ce moment d'arc-en-ciel ou bien encore un moment de joie, qui d'évidence ne reviendra pas. Mais il faudrait que je considère tout cela autrement et que je ne laisse pas berner par les apparences de mon écriture. Pour le moment, je veux répondre au mieux à cette commande. Certes, j'ai parfois l'impression de faire le repérage d'un film littéraire du siècle dernier, mais cela n'a pas d'importance. Je crois avoir enfin compris le point précis de la lagune et des lidos où l'on attend que j'investigue. Il faudra donc vérifier sur un plan, sur un plan suffisamment détaillé. Je vais devoir trouver mes propres réponses puisqu'elles n'apparaissent jusqu'à présent dans aucun document connu. |
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| 13 février | |||||||||
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