| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| dimanche
11 janvier 2026 |
2026 |
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| ce
travail est commencé depuis 9508 jours
(22 x 2377 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 23961 jours
(3 x 72 x 163 jours) |
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| ce
qui représente 39,6811% de sa vie |
trois
mille quatre cent vingt-trois semaines de vie |
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| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
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| Page 10 | Page 11 | Puisque
ce soir encore la lune disparaît |
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| J'ai mal partout. Les médecins n'ont trouvé aucune explication à ce trouble persistant qui se produit le soir et ne me laisse pas de répit jusqu'au matin. Mais cela peut aussi se produire en pleine journée parfois. Le soir est venu et une angoisse pèse sur chacun de mes gestes. Je me demande parfois si ce ne sont pas mes passions tristes qui me provoquent ces douleurs. Pourtant, quand je pense à toi, j'ai l'impression d'avoir moins mal. J'ai beaucoup marché par les rues calmes de cette petite bourgade, bénéficiant de l'aménagement urbain qui a redonné place au cheminement piétonnier. J'ai rejoint le cimetière m'arrêtant devant les vieilles tombes qui sont pour moi comme la promesse d'un repos. Les tombes récentes sont parfois si affreuses qu'elles me semblent être une double peine. Si l'on me met un jour dans une tombe comme celle-ci j'aurai mal pour l'éternité. Je me perdrais bien parfois dans le lacis de ce petit recoin d'humanité de l'éternelle province. Mais je connais ce cimetière par cœur et même les gardiens qui ne prêtent d'ailleurs plus aucune attention à ce que je peux faire. En rentrant, je me suis acheté un succès de librairie dont le titre m'a accrochée. C'est un roman qui évoque le mouvement des sentiments. C'est un support pour mieux penser à toi en lisant une autrice qui raconte une histoire d'amour malheureuse avec un autre que toi. C'est peut-être toi d'ailleurs, je n'en sais rien. Ta rencontre a été un accident. Plusieurs fois auparavant j'étais venue vers toi mais tu n'en as rien su. Mais j'en ai assez de vivre toujours au passé. Comme l'énonce Barthes dans un de ses cours au Collège de France, je dois me donne un nouveau programme, un programme de vita nuova. Ce sur quoi il s'est jeté sous une camionnette. Enfin pas exactement mais c'est tout comme. |
C'est bien un temps d'hiver. La rumeur du marché sur la place en est atténuée. Avec le froid,
les gens ne bavardent pas. Ils sont d'ailleurs moins nombreux. Certains
commerçants ne sont pas venus. Le vendeur de matelas ne vient jamais
quand il fait froid. Je pense qu'il connaît son affaire. Qui voudrait
acheter un matelas par ce froid ? J'imagine que les supermarchés
doivent faire le plein ainsi que les commerces qui vendent des
chauffages d'appoint. Mais cela me convient. Je trouve que par grand
froid le marché est moins cruellement gai. Je suis revenue dans le froid, dans une lumière qui me donne encore un peu plus de pâleur. Je vais me reposer avant de repartir en promenade le long de la rivière par les chemins boueux. J'ai mes habitudes de promenade. Je vais d'abord rendre visite aux arbres coupés puis je saluerai là-bas, sur une colline, cet arbre exactement esseulé qui je me suis dédiée. Un jour j'aimerais descendre la Vienne jusqu'à sa confluence avec la Loire. Quand je pense à son parcours, je pourrais pleurer. Tout ce chemin qu'elle accomplit vers le nord avec vaillance pour se faire doubler par la Loire qui s'est prélassée peu de temps avant l'océan. Pour moi, la Vienne est la Jeanne d'Arc des rivières françaises. Mais je divague. Je dois avoir un peu de fièvre. Peu importe, j'aimerais voir une digue chargée de contenir les crues. Il me semble qu'après je pleurerais moins. Ce serait peut-être efficace contre mes crises de larmes. Je me souviens bien de ce soir-là, souvenir isolé dans la crue de l'oubli. J'étais allée dans son atelier. Nous parlions de ses tableaux dans l'odeur de térébenthine. Nous évoquions ce premier mystère absolu qui est celui de voir pour entrevoir ensuite ce que pourrait être l'art. Il me disait que sa peinture lui donnait le moyen d'exister, que cela lui était égal de ne pas en tirer un moyen d'existence. Je savais que ce n'était pas vrai. C'était de l'amour propre. Je le savais et je me taisais. Et puis j'ai pris la décision intempestive de partir sans un mot. Cela me semblait logique puisque je ne parlais plus depuis une heure au moins. Mais à mieux y réfléchir, cela n'avait rien de logique. Pourquoi suis-je donc partie ce jour-là. Je ne sais pas et ce n'est pas le problème. Je ne me l'explique pas et je ne ferai pas ce travail de l'analyse. |
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| 11
janvier |
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