| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| mardi
27 janvier 2026 |
2026 |
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travail est commencé depuis 9524 jours
(22 x 2381 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 23977 jours
(23977 est un nombre premier) |
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qui représente 39,7214% de sa vie |
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| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
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| Page 26 | Page 27 | Puisque ce soir encore la lune disparaît | |||||||
| Il fait froid, bien froid. Je voudrais voir voleter la neige dans la lumière. Je voudrais regarder le ciel et voir surgir un météore incandescent. Je vais jusqu'au jardin au bord de l'eau, mais le temps est peu propice à contempler intensément l'eau froide de la rivière. Il y a des bancs. Quand on cherche à retrouver des lambeaux du passé, il faut s'arrêter, mieux regarder, mais moi, je ne sais pas m'asseoir paisiblement, quel que soit le temps qu'il fait. La promenade est un exercice complexe, beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. Secrètement, on est toujours en attente de l'événement incroyable, de l'événement dramatique qui pourrait survenir. Mais on fait comme si l'on n'attendait rien. Parfois, un long monologue silencieux envahit la promenade tout entière. On ne se promène plus, on ressasse. Mais peut-être cela n'arrive-t-il que parce que je suis neurasthénique. Hier, j'ai croisé un couple en promenade. J'ai frissonné mais il n'y avait personne pour partager ma douleur, aussi brève ait-elle été. Et le souvenir est revenu. Nous sommes dans une ville. Insensiblement, nous dévions notre marche. Nous nous dirigeons vers un but inavoué. Nous sommes encore dans l'incertitude. Je trébuche. D'un mouvement rapide, tu me saisis le bras et aussi la main. Je fais semblant de croire à cette nécessité. Le souvenir, comme dans un rêve, s'efface et ne restent que les larmes. |
Ils m'ont obligée à parler à une nouvelle psychothérapeute alors j'ai commencé à parler de la fatigue. Hier, je suis tombée dans la salle de bain. Je me suis fait mal, mais il n'y a rien de grave. Enfin je ne crois pas. Je devrais sans doute me coucher plus tôt et surtout dormir plus tôt. Mais c'est l'hiver. Il n'y a pas de soir, seulement un peu de jour et la nuit. Je regarde souvent le parking de l'hôpital. Les gens prennent leur voiture et rentrent chez eux. J'aimerais comme eux prendre une voiture. Seulement, je ne rentrerais pas chez moi, j'irais par le froid sur des routes la nuit dans le faisceau blanc des phares des voitures que je croiserais et je roulerais ainsi toute la nuit. Approximativement, je devrais arriver à l'océan trois heures plus tard si je ne m'arrête pas. Ce serait Royan ou La Tremblade, ou bien encore Saint-Palais-sur-Mer. J'attendrais le matin blottie dans un pan de manteau. Il n'y aurait dans les rues que quelques hommes ayant bu trop de vin. Alors, ce ne serait plus l'hiver. J'irais jusqu'à la plage du Vieux-Phare et je chercherais à quel endroit quitter le chemin pour rejoindre sur la droite une plateforme protégée du vent. Je tremblerais un peu et ce serait le signe d'une trop grande émotion. Tu m'attendrais là. Ton smoking et ma robe du soir formeraient un contraste comique avec le lieu. Nous resterions graves mais sans pleurs. Je marcherais sur le sable. J'ai vécu cela déjà et pour l'anecdote, ton chapeau s'était envolé. Tu n'arrivais pas à le rattraper. Le vent de l'océan se jouait de ta course et je riais. Je ne pourrai jamais l'oublier même si j'ai un doute sur la véracité de la scène. C'est le soir maintenant, c'est justement le soir. Je suis dans la fatigue et il y a aussi cette impression que la fatigue ne cessera jamais plus. |
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