| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| mercredi
4 mars 2026 |
2026 |
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| ce
travail est commencé depuis 9560 jours
(23 x 5 x 239 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 24013 jours
(11 x 37 x 59 jours) |
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| ce
qui représente 39,8118% de sa vie |
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du
texte |
demain |
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| Page 3 | Page 4 | Je
ne
ferai rien de tout cela |
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| Il faudra bien repartir de cette villégiature improvisée, mais on a encore le temps d'y penser. Nous n'avons pas encore décidé comment continuer notre voyage. Il faudrait y penser. Je vais prolonger la location de la voiture. Cette nuit, sans nous être donné le mot, nous sommes sortis pour regarder les étoiles. Je les adore. Je n'ai d'abord vu que ton ombre et j'ai ensuite entendu une voix grave, que je reconnais déjà pour être ta voix, prononcer mon nom. Je me souviens que c'était ainsi avec Paul aux premiers temps de notre relation. Je m'absentais juste pour mieux le retrouver soudainement et ressentir des sensations que je ne connaissais pas auparavant. Ce n'était que la sensation simple de la joie. Paul avait un humour assez léger, délicat, qu'il a perdu depuis, par inadvertance, certainement. Je vais te proposer d'aller marcher le long de la rivière et de jouer à se rencontrer par hasard et puis lire aussi des pancartes nouvelles indiquant tout ce qu'il fallait pendant la promenade. |
Au matin, je ne m'arrête pas à la salle à manger. Je déteste en effet les petits déjeuners d'hôtel. Je vais directement marcher sur la plage. Je marche tous les jours le matin ou bien encore le soir. Je marche vite comme si quelque chose me faisait fuir. Je fais des tourbillons devant les yeux ébahis des promeneurs de chiens. Certains s'agglutinent semblant avoir mille choses à se dire quand je déteste par dessus tout parler le matin, au point que je n'écoute jamais la radio. Il n'y a rien de plus intrusif que la radio où les gens parlent sans jamais s'arrêter. J'ai en outre des centres d'intérêt très éloignés de la plupart des gens qui parlent. La télévision peut rester silencieuse, mais sa lumière stroboscopique est insupportable. Au bout de la jetée, une femme seule regarde la mer. Je me dis que mon regard est culturel, qui fait qu'une femme seule me semble toujours abandonnée, quand un homme seul me paraîtra solitaire. Cela aussi, il faudra le déconstruire. Je vais proposer de rester ici encore quelques jours, je sais que je suis dans l'émotion de le perdre, déjà. Ou bien alors, je vais proposer de partir en voyage, de faire un vrai voyage après en avoir choisi l'itinéraire, qui serait un itinéraire sensible. Mais je caresse peut-être une chimère. Il aura sans doute des obligations. Depuis l'adolescence, je rêve de partir ainsi à l'aventure avec un inconnu, mais sans doute faut-il que j'apprenne que le temps passe. |
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| Je m'arrête à la page de l'horoscope. On y trouve souvent des conseils de conduite amoureuse. Quelqu'un a écrit ceci : « je ne saurai jamais arrêter le souvenir ».
On ne sait pas s'il s'agit d'un deuil ou d'une séparation. Je pourrais
peut-être écrire moi aussi pour demander comment on arrête le souvenir
d'une rencontre qui ne s'est jamais produite. Je sais bien qu'il s'agit
en quelque sorte d'un fantasme, de ces choses que l'on voit dans les
films,
qu'on lit dans les romans. Mais, il ne s'agit pas vraiment d'un fantasme, ni même d'une fiction, car tu existes vraiment, tu vis une vie véritable quelque part, ailleurs. Tu n'es pas le produit de mon imagination. Il faudrait y penser davantage. Il y a les images de rêves. Et puis il y a parfois un regard que l'on croise et le film s'arrête. J'ai demandé la carte, mais la serveuse semblait feindre de ne pas me voir. Au moment où j'allais abandonner, elle l'a pourtant apportée. J'ai commandé un cocktail avec un goût douçâtre, puis un verre d'eau pour faire passer le goût de ce cocktail sans autre intérêt que celui de me donner envie d'aller à Venise ou sur n'importe quelle place d'une ville italienne. Ensuite, le grand bazar a offert ses espaces climatisés à ma déambulation. |
D'ordinaire les magasins de cette sorte me font fuir. Ils ont été imaginés il y a plus d'un siècle pour susciter de grandes émotions collectives, pour provoquer ce trouble du désir qu'est la consommation de biens matériels. Mais cette fois-ci, j'ai parcouru allègrement
les rayons en ralentissant le pas devant ceux dédiés aux hommes.
J'espérais évidemment, absurdement, le retrouver au détour de tondeuses à barbe ou de caleçons moulants. Devant le grand bazar, des voitures noires garées en double file attendaient patiemment les clients les plus fortunés. Nous étions dans l'assez tard de l'après-midi, il fallait rentrer mais je voulais observer la fermeture du magasin. Mais ils ferment de plus en plus tard. Je me souviens du temps où j'y accompagnais ma grand-mère, il fallait se dépêcher avant la fermeture. Désormais, je pourrais y retourner après avoir dîné. Mais j'imagine que ce serait pour le chercher encore. C'était une curieuse idée que celle de tenter de le retrouver au grand bazar. Est-ce que je pouvais seulement espérer le reconnaître ? Et pourtant, je n'ai jamais cessé depuis, demeurant des minutes entières dans les rayons les plus farfelus au point d'inquiéter la sécurité du magasin. |
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| Je n'ai rien fait de tout cela. | Je n'ai rien fait de tout cela. | ||||||||
| 4 mars | |||||||||
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