Diégèse
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
dimanche 15 mars 2026





2026
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Je ne ferai rien de tout cela
Chaque jour je respire un peu plus mal. C'est paradoxal dans un centre thermal. Le médecin m'a prescrit des analyses complètes de la formule sanguine. Ma fatigue intense rencontrera peut-être une réalité biologique.

Je n'ai rien tout va très bien. Quelque chose d'autre me fatigue et je ne vais pas chercher quoi. J'imaginerai qu'il s'agit du printemps.

Nous sommes repartis vers la source de l'Indre. Mais j'ai très souvent une soif intense qui nous fait nous arrêter souvent et je bois même aux fontaines quand il est fait mention que l'eau est potable. Mais c'est rarement le cas. J'ai mal à la clavicule droite, séquelle d'un ancien accident de moto. Dans le miroir, je trouve que j'ai les yeux brillants mais je n'ai pas de fièvre.

Je le regarde. Il est sportif. Il est en permanence au plus près de son corps, quand mon corps est à jamais incertain.

La vérité de mon épuisement est d'être jour et nuit en sa présence et de ne pouvoir m'en détacher. Aucun médecin ne trouvera jamais de médicaments pour soigner cela. Aucune autre indication qu'un départ précipité ne pourrait me guérir.

Je ne guérirai donc pas.

Désormais, je ne sais pas si je fais encore des cauchemars ou si mes jours sont rêvés. J'étais ainsi dans une bastide très reculée, dont je voulais m'échapper. Mais, implacable, il me pourchassait et je devais me dissimuler les plis d'une tenture poussiéreuse avec laquelle je finissais par me confondre. Le message est clair et cet homme m'angoisse, mais cela n'a pas grande importance car nous n'avons plus que quelques jours à passer ensemble.

Mais il n'y a pas que l'angoisse, il y a aussi le temps qui passe doucement, la nuit à regarder les étoiles et l'endormissement à ce sourire qui me séduit tant.

Faudrait-il parler encore de cette forme d'illusion addictive qui me lie à ce futur fantôme ? C'est évidemment une fausse question.
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Quand je marche la nuit, vers trois ou quatre heures du matin, la faim se fait sentir, une faim qui me ferait engloutir volontiers quelques croissants au beurre quand les seuls croissants disponibles sont encore les croissants de la lune. Même la possibilité de boire de l'alcool se fait rare. Les bars sont fermés et les magasins de nuit n'en vendent plus. Au fronton des bâtiments officiels le drapeau tricolore est en berne.

C'est le moment précis où la nostalgie nocturne se lève sur le mystère de la vie. Il n'y a plus de récit, plus d'intrigue romanesque. Il n'y a plus que la ville qui se prépare au réveil immense de la ville.

Et si je me réveille aussi, il me suffit de pousser la porte et je trouverai quelque chose à voir, car c'est le privilège des villes de ne jamais cesser le spectacle de ville.

Le monde se ressemble, il est le monde. Seule la ville est différente et diverse.

J'adorais ces escapades dans Paris sans autre but que d'aller jusqu'à la porte d'Orléans puis d'en revenir en suivant consciencieusement le soir le long du fleuve, un peu le nez au vent. J'imaginais parfois distinguer une étoile filante, mais ce n'était qu'un mirage satellitaire.

Toutes les villes ne se ressemblent pas, mais toutes sont le lieu magnifique de l'amour apaisé, le signe tangible de la possibilité de l'amour et c'est une grande différence avec ce qui n'est pas la ville. Marcher dans Paris, c'est se donner toujours la possibilité, sinon l'espoir, de retrouver l'être aimé ou de trouver un être à aimer.

C'est évidemment faux et les ponts de Paris se souviennent tous de désespoirs terribles. Mais moi, je n'y pensais pas. J'avais même fini par trouver un restaurantacheter de mauvais sandwichs. C'était un bouiboui sans grand intérêt et même pas folklorique. Mais après l'achat, le moment passé ensuite à grignoter sur un banc ou sous un porche était agréable.
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Je n'ai rien fait de tout cela
Je n'ai rien fait de tout cela










15 mars






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