| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| dimanche
22 mars 2026 |
2026 |
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| ce
travail est commencé depuis 9578 jours
(2 x 4789 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 24031 jours
(7 x 3433 jours) |
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| ce
qui représente 39,8569% de sa vie |
trois
mille quatre cent trente-trois semaines de vie |
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| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
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Je ne ferai rien de tout cela | |||||||
| Il a fait irruption dans ma chambre en plein désarroi, comme pris de malaise. Il était mystérieusement emmitouflé dans une
écharpe, comme s'il ne voulait pas que je le reconnusse, ce qui était évidemment paradoxal. J'avais du mal à croire mes oreilles en entendant sa fable. En d'autres circonstances, j'aurais trouvé amusant son air de Zazou. Mais, j'étais dans le sommeil de la
nuit. Il devait prendre un train, le premier du matin pour, a-t-il affirmé, aller à un mariage auquel il avait promis d'assister. J'ai pensé que cette histoire de mariage, qui n'expliquait pas l'écharpe, était saugrenue et qu'on avait plutôt découvert qu'il était le tueur en série que je le soupçonne d'être. Il m'a promis de revenir dans quatre jours exactement et m'a montré sur une vieille carte routière le point exact où je devrai l'attendre. C'est à quelques kilomètres d'ici, où je vais donc rester ces quelques jours. Je sais que demain, ce sera le marché puis je marcherai dans cette plaine parsemée de clochers qui rythment le paysage. J'avancerai au lointain. Je sais que je vais l'attendre. |
Des pluies implacables sont annoncées et je laisse ma journée à l'improvisation. Ce sera un musée qui m'accueillera. Je ne connais pas meilleur endroit pour se protéger de la pluie. Il y a bien le cinéma, mais, sauf à enchaîner les séances, le cinéma ne vaut que pour l'averse ponctuelle. Et puis, je suis toujours mal à l'aise
au cinéma, comme si la fiction qui est projetée sur l'écran allait
s'infiltrer dans ma réalité. J'y mets donc rarement les pieds. J'entends à la radio que l'énigme du braqueur en fuite pourrait être bientôt résolue. Il aurait été repéré à la gare d'Austerlitz. C'était un braquage sanglant et il avait laissé deux morts derrière lui. La police va diffuser des portraits-robots. Je me prends à penser que mon compagnon de voyage est peut-être ce braqueur sans scrupule et qu'il s'était engagé dans cette promenade cycliste comme pour s'isoler davantage. Je n'ai pourtant décelé aucun avertissement, même s'il est vrai que ces derniers jours je ne me sentais pas tranquille. Cela expliquerait beaucoup de choses et tout d'abord ses moyens financiers qui semblaient sans limites et sa générosité à mon égard que j'attribuais à de bonnes intentions. La promenade cycliste est un bon camouflage. On contrôle rarement les vélos, surtout sur les pistes cyclables et si j'étais en fuite j'utiliserais une de ces pistes qui sillonnent l'Europe. Cela pourrait paraître paradoxal mais j'espère que c'est bien lui que l'on recherche et encore plus paradoxal qu'il revienne cheminer avec moi, même s'il lui sera difficile voire impossible de reprendre un train gare d'Austerlitz. |
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| Je ne voulais pas rester entre le jour et la nuit, entre ce sommeil et ce sommeil et je voulais vivre aussi, comme je pensais que les gens vivaient. Je devais tenter une autre voie pour tenter de rejoindre la réalité. Le réel relève de la magie, toujours. C'est une croyance et cette croyance
s'adresse toujours à l'autre, malgré tout et malgré lui. C'est pour cette croyance que l'autre est non seulement dans le réel mais qu'il est le réel pour quoi nous prenons tous les risques. Mais, pas toujours. Il y a des exceptions et c'étaient ces exceptions que je cherchais par mes pratiques déambulatoires et ésotériques. Je ne me décidais pas à prendre l'autoroute du sud. J'avais en effet découvert d'autres sites et je passais par exemple de longs moments au bord du lac du bois de Boulogne, pas très loin de l'embarcadère du chalet des îles. Je regardais les bourgeons en méditant sur l'absence de l'amour. |
C'était décidé, j'allais d'abord rejoindre la mer avant de reprendre l'autoroute vers le Nord pour tenter de retrouver l'aire fatidique. Ma première étape
serait donc Marseille. L'autoroute y arrive presque en centre-ville.
Mais je ne devais pas rester à Marseille même et rejoindre au plus tôt
le port de la Vesse pour me perdre un jour de grand vent en rejoignant
la Croix de Vesse et son panorama incroyable sur la baie. Et puis je
voulais voir des fleurs sauvages et traverser encore les herbes couchées par le
soleil, me forger des souvenirs de printemps méditerranéens. Les arbres de Judée devaient encore être en fleurs, mais s'agissant des amandiers, rien n'était
moins sûr. Ils sont les plus précoces et les plus volatiles. Au moins dans un premier temps, je dormirais dans un hôtel marseillais et je me promènerais le jour et la nuit. Marseille est la rare ville que je connaisse où il y a des lumières la nuit qui n'éclairent rien, nul chemin, nulle issue, nulle échappatoire. La vie se tapit derrière le silence clos de toutes les portes. J'allais donc me tenir là-bas dans cette inhospitalité première. Je ne savais pas encore combien de temps je voulais y demeurer. Quelques jours ou quelques semaines, cela ne faisait pas de différence. Mais il fallait que je remonte quand il ne pleuvrait pas. Quand il pleut les autostoppeurs démarchent les automobilistes dans les cafétérias. Ce n'était pas du tout cela qui était écrit dans mon scénario. |
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| Je n'ai rien fait de tout cela | Je n'ai rien fait de tout cela | ||||||||
| 22 mars | |||||||||
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