| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| vendredi
2 octobre 2026 |
2026 |
||||||||
| ce
travail est commencé depuis 9772 jours
(22 x 7 x 349 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 24225 jours
(3 x 52 x 17 x 19 jours) |
||||||||
| ce qui représente 40,3385% du nombre de jours de sa vie | mille trois cent quatre-vingt-seize semaines d'écriture |
||||||||
| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
|||||||
| Page 2 |
Névrose fin de siècle |
||||||||
| La Motte-Picquet – Grenelle — lignes 6, 8 et 10 du métro parisien J'attendais le plus souvent, quand il fallait attendre, dans une de ces brasseries qui semblent là depuis toujours, et le plus souvent au Pierrot. Je me tenais, quelle que soit la saison, à la même place, à l'intérieur, dans la zone des fumeurs, car alors je fumais, et je reprenais des fiches pour les rendez-vous du lendemain, prenant parfois un vague air barthésien. Le garçon de café, observant avec une forme de jouissance les codes de sa profession qui veulent que les loufiats soient désagréables et surtout indifférents, feignait toujours de ne pas se souvenir de moi. Je lui rendais donc la pareille. Depuis que j'étais arrivé à Paris, j'avais appris à supporter cette absence de civilité quotidienne qui, rarement ailleurs, est aussi déterminée. Assis près de la fenêtre qui donnait directement sur une des sorties de la station de métro, j'observais la foule incessante de la fin de l'après-midi, celle qui donne son énergie à la grande capitale. Au fil du temps, je m'étais pris à reconnaître des personnages que j'avais déjà vus. Ils me semblaient si proches que j'avais la sensation d'être comme eux préoccupé par des rites vespéraux qui m'étaient pourtant étrangers : les courses, préparer le dîner, parfois laver et coucher les enfants, regarder la télévision. Je me souviens des premiers moments de ma vie parisienne, quand j'étais encore ébahi par le rayon des produits laitiers des supermarchés, quand le moindre nouveau yaourt me semblait une trouvaille incroyable. Je suis récemment retourné à La Motte-Picquet – Grenelle, non plus par la ligne 8 du métro mais par la ligne 6 et son long parcours aérien. La brasserie est toujours là, semblable à ce qu'elle était. Même l'enseigne n'a pas changé. Mais les nouveaux gérants ont le goût des plantes qui abondent depuis la petite corniche du demi-étage supérieur et des bacs à fleurs ont été installés sur le trottoir pour protéger un peu les clients en terrasse du passage incessant des piétons et de tous les autres engins roulants qui ont envahi la ville. Il semble bien que le temps se défait moins vite dans ces arrondissements extérieurs qui n'ont jamais vraiment intégré Paris. Ils sont moins modifiés par des aménagements plus ou moins réussis. Le service du Pierrot est plus agréable désormais. Les traditions, quand même, se perdent, même à La Motte-Picquet. Avec assurance, j'ai commandé à manger, ce que je ne faisais jamais alors. Je me suis souvenu de toi, presque avec légèreté. Et puis il y a tout ce que ne dit pas la littérature et ce que dit le rêve pendant la nuit : les demandes de caresse et de tendresse, l'avenir, le bonheur toujours reporté. |
|||||||||
| 2
octobre |
|||||||||
| 2009 | 2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003 | 2002 | 2001 | 2000 |
| 2019 |
2018 |
2017 |
2016 |
2015 |
2014 |
2013 |
2012 |
2011 |
2010 |
| 2025 |
2024 | 2023 |
2022 | 2021 | 2020 | ||||