| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| samedi
3 octobre 2026 |
2026 |
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travail est commencé depuis 9773 jours
(29 x 337 jours) |
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son auteur est en vie depuis 24226 jours
(2 x 12113 jours) |
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| ce qui représente 40,3410% du nombre de jours de sa vie | |||||||||
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du
texte |
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Névrose fin de siècle | ||||||||
| Faidherbe – Chaligny — ligne 8 du métro parisien Pendant plusieurs années de cette fin de siècle, j'ai occupé un petit appartement sous combles rue du Faubourg Saint-Antoine, juste à l'entrée de la bouche de la station de métro Faidherbe - Chaligny. Mais ce « petit nid d'amour », comme l'avait vendu l'agence immobilière, était aussi en face de l'hôpital Saint-Antoine, dont les urgences avaient une nuit accueilli la douleur épouvantable d'une crise de coliques néphrétiques. Le plafond de la chambre en était si bas que la tête se heurtait sans cesse aux mauvaises poutres du toit. C'était à l'évidence un ancien atelier du faubourg, rattrapé par la spéculation immobilière. J'ai dû quelques années plus tard accepter de le vendre du fait d'une histoire défaite qu'il n'est pas nécessaire de raconter ici. Je crois encore me souvenir de l'odeur de la cuisine du traiteur italien. Elle venait de temps en temps lécher les fenêtres, repoussant celle de l'humidité de la cour, pourtant forte, surtout pendant le temps de l'automne. Je n'aimais pas prendre la ligne 8 malgré sa proximité, sauf pour aller à La Motte-Picquet - Grenelle, cela est entendu. J'étais alors le plus léger des hommes et j'allais presque en courant jusqu'à la gare de Lyon toute proche pour rejoindre par la ligne 1 le plateau Beaubourg ou le Palais Royal. J'aimais ces voyages répétitifs mais jamais semblables, et j'expérimentais encore le métropolitain comme aurait pu le faire un paysan de Paris cher à Louis Aragon. J'ai assez vite compris que dans mon milieu professionnel, il était de bon ton de trouver cela ennuyeux. Mais je n'y suis jamais vraiment parvenu. Parfois, mais c'était plus rare, je prenais mon vélo mais la circulation dans le faubourg, puis place de la Bastille, provoquait une peur intense. Un jour, l'affaire s'est réglée. Le vélo avait disparu. À cette époque sans piste cyclable protectrice, marcher était plus sage. Il y a quelques mois, le hasard a fait que j'ai dû aller à quelques numéros de là. Ce jour-là, après le rendez-vous, j'ai décidé de remonter la rue et de revoir comme par incidence le vieil immeuble étroit. La porte, qui n'avait jamais bien fermé, était ouverte et l'odeur d'humidité mêlée à celle du parmesan persistait encore. Le temps se déploie dans ces circonstances. Sont alors revenus vers moi les filets du désir refoulé, le sommeil sans toi, avec un peu de ta voix au creux de l'oreille. Quelques larmes aussi, puis le silence. J'ai décidé de marcher jusqu'à Nation. |
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octobre |
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